mardi, 08 juillet 2008

Pour un MoDem libre et indépendant en Savoie

Voici l'un des posts les plus courts de l'histoire de ce blog. Mon engagement au Mouvement démocrate a pris en un an et demi déjà de multiples formes. La dernière en date est ma participation à un engagement collectif "Pour un MoDem libre et indépendant en Savoie", dont vous trouverez le texte à l'adresse suivante: http://pourunmodemlibreetindependant.hautetfort.com/ 

Ils viennent parce qu’ils ont entendu que nous n’allions pas retomber dans les travers du passé.
Ils viennent parce que nous refusons toute forme de soumission.
Ils viennent parce que nous voulons construire.
Ils viennent parce qu’ils ont une certaine idée de l’engagement, une idée de citoyens actifs qui ont décidé de s’occuper eux-mêmes de leur propre avenir. 
Annonce par François Bayrou lors de la Fondation du MoDem, Paris-24 mai 2007

 Je vous laisse découvrir la suite...

dimanche, 06 juillet 2008

Chapitre 116: Mon conseil à moi

81 copies de bac, 68 oraux à faire passer sur le département voisin, voilà ce qui la semaine écoulée me retint loin de ce blog et loin de vous, lecteurs.

J'en ai même « séché » le conseil municipal de mardi soir. Et c'est étrange mais en écrivant cela je ressens comme un vague sentiment de spleen. Je ne suis pas élue au conseil et je ne l'étais pas non plus avant mars. Pourtant depuis des mois je n'ai manqué aucun conseil.

Pour tout dire les conseils, c'était mieux avant, je le dis naïvement, tant pis. On avait le sentiment de voir fonctionner une machine bien huilée et d'avoir un machiniste qui connaissait son boulot.

Mais peu importe, toutes les occasions de m'informer et de me former sont bonnes à saisir! Et je résisterai même à l'ennui général. J'ai passé un tiers du conseil fleuve du mois de mai assise par terre parce que plus de chaises, une chaleur étouffante et nulle part pour poser les manteaux et que je n'en pouvais plus d'être debout à prendre des notes comme une vraie journaliste lol Il faudrait donc « m'ennuyer » beaucoup pour me décourager.

A propos de journaliste, j'étais la seule repésentante du public au dernier conseil communautaire du vendredi 20 juin 2008 et M. Roger Favier, maire du Châtel, où se déroulait le conseil, ne m'a apparemment pas reconnue (tant pis pour mon ego) et, puisque j'étais assise à côté de la presse, a pensé, semble-t-il, que j'en faisais partie ;-)

Si j'en juge par ce dernier conseil, les conseils communautaires sont d'un grand intérêt pour les citoyens que nous sommes et il est fort dommage que nul n'y assiste jamais. D'autant qu'on nous y donne une chaise et que luxe suprême, je disposai d'une table.

J'ai renoncé à vous transcrire exactement sur ce blog les débats municipaux, ce n'est pas pour vous retranscrire les débats intercommunaux. J'imagine que le compte-rendu est en ligne sur le site de la mairie de Saint Jean, ou qu'il y sera un jour. On y a parlé du projet d'extension de la halte-garderie La Ribambelle, du réseau de fibres optiques...voilà des sujets tout trouvés pour d'autres posts.

Je n'ai pas regretté ma promenade au Châtel. D'abord, pour avoir observé que quand celui qui mène les débats, en l'occurrence M. Yves Durbet, président de la communauté de communes, sait ce qu'il fait c'est infiniment plus agréable pour tout le monde.

Puis, parce qu'au bout de quelques minutes, le ton saint jeannais était donné par M. le maire. A M. Durbet qui lui demandait les noms des membres, désignés par Saint Jean, de la commission d'appel d'offres et d'adjudication, il répondit: « Je ne savais pas qu'il fallait des noms. Je vous donne ça mardi. » Comme M. Durbet doutait qu'on pût prendre la délibération sans les noms, M. le maire après trente secondes, mettons quarante, lui donna deux noms sans apparente consultation des intéressés...

dimanche, 22 juin 2008

C'est bientôt le 14 juillet?

J'ai toujours tendance à m'accrocher à ce que je crois être à ma portée, tandis que j'hésite souvent à me lancer à l'assaut de sommets lointains.

    Dans cet ordre d'idées je lançais le 17 mai 2008 un appel sur ce blog en faveur du « non cumul de mandats électifs » en interne . Deux raisons à cela:

1. Nous étions en Savoie en pleine réflexion sur notre règlement intérieur départemental et ce fut l'occasion de faire intégrer l'idée de non cumul, dans certains cas précis. Par exemple, un amendement voté lors de l'Assemblée générale du 30 mai dernier établit qu'on ne peut être à la fois conseiller national et membre de la présidence.
2. Le vote du non cumul en interne, c'était un peu notre « gousse d'ail », un moyen de dissuader les zombies assoiffés de pouvoir (on ne sait jamais) en cette période de pré-campagne électorale interne.


Si je me suis engagée en faveur du « non cumul » en interne, c'est bien parce que je vois dans la fin du cumul de mandats électifs en externe, pour les élus de notre République, une chance extraordinaire de faire enfin de la politique autrement. Je ne dis pas que les femmes ou hommes politiques qui cumulent ne remplissent pas correctement leurs mandats. Je dis que nécessairement leur disponibilité serait autre, leur proximité avec les citoyens aussi. Et que l'esprit serait autre car il serait moins aisé de vivre de la politique et de raisonner en termes de carrière personnelle.

Au delà ce serait donner au peuple la possibilité d'avoir un plus grand nombre de représentants différents, on accèderait donc à une plus grande représentativité. On permettrait aussi à un nombre plus important de citoyens d'être des élus...

Cela tout particulièrement si on adjoint au non cumul une limitation dans le renouvellement des mandats électifs (une à deux fois).


Voilà pourquoi j'ai signé la pétition proposée par Werner Büchner
 
et pourquoi je vous engage à faire de même si vous voulez participer à une initiative visant à mobiliser le MoDem contre le cumul des mandats électifs.


    Mais je ne peux m'empêcher d'entendre les arguments qui reviennent le plus souvent dans la bouche des défenseurs du cumul.

Cela permet aux élus d'avoir davantage de moyens d'action. Est-ce recevable? Est-ce qu'une commune dont le maire est aussi conseiller général est vraiment « favorisée » par rapport à une autre? Et si c'était le cas, serait-ce bien juste et équitable et le signe d'un bon fonctionnement de nos institutions?

On entend aussi certains élus (de tous bords) dire avec franchise que s'appliquer le non cumul c'est bien joli mais c'est donner un gros avantage à qui ne se l'applique pas. C'est un argument que j'entends bien et même très bien. Et je dois bien avouer que je n'ai pas été scandalisée par la candidature de François Bayrou à la mairie de Pau.

Il faut tout de même qu'il soit clair que dans ce cas ce n'est pas l'objectif: le non cumul qui est contesté en tant que principe mais le fait que le non cumul ne s'applique pas à tous et que ce soit une «source d'injustices». Devons-nous demander à nos élus MoDem de jouer au foot (ou au rugby) avec une seule chaussure?


    Autant je pense que le Mouvement démocrate doit être la force de changement dont la politique a besoin dans notre pays et autant je n'ai aucun doute sur l'objectif, autant j'ai pu m'interroger sur les moyens à utiliser pour arriver à cet objectif qu'est le non cumul.

Dans un sens -et c'est la fin de ma carrière de Bisounours- je ne crois pas qu'on fera évoluer les choses en persuadant les élus -serait-ce les « nôtres »- de s'appliquer la règle du non cumul. J'en connais -vous en connaissez- qui ont fait parfois leur première campagne de conseiller général sur ce thème et qui ont été élus et qui dès leur deuxième campagne ont décidé que conseiller général ça ne suffisait pas, qu'il fallait aussi être maire, ou inversement...Compter sur la raison, le bon sens et la bonne volonté de chacun cela a ses limites.

Alors?

La seule manière d'obtenir le non cumul effectivement c'est de le faire interdire par une loi.

Qui peut faire passer une loi pareille?

Un président véritablement réformateur et appuyé par une assemblée nationale largement renouvelée, qui seraient élus en 2012 sur des propositions de cette force là. Car le peuple sent que son pouvoir est confisqué mais cherche encore le ou les moyen(s) qui lui permettront de faire à nouveau sien ce qui était à lui. Notre travail à nous, démocrates, c'est peut-être tout simplement d'indiquer quelles sont « les prises de la Bastille » des années à venir.

Pour l'heure il ne me semble pas qu'il y ait en nombre des élus MoDem cumulards ou sur le point de l'être (ça c'est pour les plus pragmatiques lol). Et, même si je me trompais sur ce point, le plus important pour notre avenir commun est que les citoyens connaissent l'engagement du MoDem contre le cumul de mandats électifs et nous fassent confiance pour mettre fin à cette plaie de notre démocratie.

lundi, 19 mai 2008

Chapitre 111: C'est purement idéologique, ne vous inquiétez pas! (suite)

Je le fais de temps en temps: reprendre un commentaire laissé par un de mes lecteurs. C'est le cas aujourd'hui pour le commentaire de Gilles à propos du chapitre 111. Je le publie accompagné d'une réponse assez longue. Parce que j'y parle entre autres éducation, éducation nationale. Quand j'ai créé ce blog, je pensais que ce serait un de mes sujets favoris. Trop sensible? Trop douloureux pour ceux qui le vivent de l'intérieur?

Bonjour, Quelles propositions proposez vous face à ces attaques incessantes du service public ? La grève est le seul moyen de pression que nous ayons droit encore, je ne suis pas prof et j'étais dans la rue et fier d'y être. Par contre je n'ai pas vu beaucoup de profs, peut être qu'ils pensent qu'ils ne seront pas touchés par les suppressions ou la loi sur la mobilité, pourtant la science infuse est un art que votre profession possède !! Je ne vais pas manifester dans la rue par plaisir, simplement car j'ai peur pour mon avenir et celui de nos enfants, un jour de salaire en moins je m'en passerai, mais tant que les Français auront encore de quoi se payer des vacances ils ne bougeront pas, mais attention quand il n'y aura plus de pognon, j'ai peur que la violence prenne le dessus. Bravo les Lycéens.

Bonjour Gilles, je suis désolée que la grève ne mobilise pas suivant vos espérances. Mais il y a toutes sortes de grèves, certaines sont particulièrement justes et ont toute ma considération et mon soutien. Celle-ci est une grève politique (par laquelle on tente d'obtenir dans la rue ce qu'on n'a pas obtenu dans les urnes) et je pourrai vous faire une réponse politique.

Qu'a fait la gauche au pouvoir pour l'Education nationale? N'était-il pas question à une époque de « dégraisser le mammouth »?

Si vous avez lu ce blog, vous savez que je n'apprécie pas Nicolas Sarkozy, pas plus que les grévistes ne l'apprécient en tout cas, mais ce que je ne trouve pas tolérable, ce sont ses méthodes et je ne les trouve pas plus tolérables chez d'autres. Tout mélanger, tout rendre idéologique, enfreindre les règles communes quand ça arrange, cela m'est insupportable. Donc tant que je saurai de manière sûre que des tracts portant des logos PS et PCF sont faits sur les photocopieuses du lycée et donnés à des élèves pour qu'ils les distribuent, je ne risque pas de me joindre à cette grève.

Je suis déterminée à lutter contre tous les privilèges quels qu'ils soient (voir chapitre 8du Journal) et je ne suis pas opposée à la modernisation des services publics, y compris à leur privatisation si cela doit permettre à l'Etat de se recentrer sur ses missions premières dont la justice, la santé et l'éducation. L'Education nationale n'est pas la poste, ni la SNCF. Donc pour moi la défense des services publics ça ne veut pas dire grand chose.

Que les collègues touchés par les suppressions d'heures et de postes aient souhaité réagir, je le comprends et je me suis montrée solidaire à ma façon. Mais mon combat à moi, dans ce cas, ce sont les options, en particulier la survie des langues anciennes et j'essaierai de faire comprendre à quel point ce combat n'est pas personnel.

Parce qu'il pose une question essentielle: que doit être pour nous l'éducation? Quelle place lui donnons-nous dans la société? Voulons-nous aller vers une éducation purement utilitaire? Pensons-nous que tout ce qui ne sert pas directement à avoir un métier ne sert à rien? C'est une rupture sans doute décisive avec des siècles d'histoire.

Il y a des réformes à venir, dont on ne dit rien ou presque aux citoyens: la refonte des filières (générales?), la marche vers une plus grande autonomie des établissements, la fin des concours nationaux de recrutement. Pourtant c'est là que se situent les vraies questions de l'école républicaine.

Si les profs souffrent aujourd'hui, c'est parce qu'ils ne savent plus ce qu'est leur métier, ce qu'est leur place dans la société. Ils sont en première ligne d'une évolution, sans doute nécessaire, mais qui se fait sans aucune concertation avec les intervenants scolaires et dans l'ombre loin du regard des Français.

Pour la conclusion je suis d'accord avec vous: la situation de blocage politique dans laquelle on se trouve, l'absence de démocratie réelle, le mépris dans lequel on tient les citoyens, combinés à des difficultés économiques et sociales comportent des risques évidents d'explosion et l'on sent bien que (depuis des années) ces risques ne cessent de croître.

Personnellement je n'appelle pas à la Révolution (et certains qui en agitent le spectre seraient bien embarrassés si elle se produisait), je pense qu'il y a des réformes importantes à faire, des réformes politiques (dans le sens où elles concernent notre projet commun, notre vivre ensemble) mais elles réclament qu'on sorte de l'idéologie, que l'on accepte de débattre, d'évoquer les vrais enjeux et de laisser le peuple juger.

 

 

jeudi, 15 mai 2008

Chapitre 111: C'est purement idéologique, ne vous inquiétez pas!

Aujourd'hui, je n'avais pas de cours mais, si cela avait été le cas, je n'aurais pas fait grève. Je suis professeur depuis plus de dix ans maintenant. Et je sais que l'éducation nationale a besoin de beaucoup de choses mais sûrement pas d'un nouvel affrontement idéologique.
Au moment des annonces de suppression d'heures et de postes, j'étais en congé de maternité. C'est de l'extérieur ou presque que j'ai vécu les premiers événements. Mais déjà certains faits me gênaient, en particulier la façon dont la grogne s'est « transmise » des profs aux élèves.
Autant on peut légitimement être remontés contre des décisions prises en aveugle, sans aucune concertation, s'inquiéter des contre-vérités accumulées dans son discours par Nicolas Sarkozy (je reviendrai sur les propos tenus lors de son intervention télévisée) et s'interroger sur la politique menée en matière d'éducation, autant on peut douter que la solution se trouve dans une instrumentalisation des lycéens et une idéologisation du débat.
Sur le tract commun aux élèves et aux profs, distribué à la sortie du lycée et appelant à manifester ce matin à 10H à Saint Jean-de-Maurienne figuraient une douzaine de logos, syndicats, PS et PCF (et pourquoi pas la LCR?). On pouvait lire sur des affichettes placardées dans le lycée: « Non à la fin des classes moyennes » et voir sur une banderole devant le lycée un appel à la préservation du service public.
Ce n'est pas en mélangeant tout et en agissant sans mesure que nous ferons que soient expliqués aux citoyens les vrais enjeux et posées les vraies questions d'une école républicaine.

Heureusement ça ne fait pas que des mécontents! Ça fait plaisir aussi à l'UMP (où pour M. Darcos la grève est « socialiste ») puisque c'est l'occasion d'appliquer le fameux service minimum.
Dans notre commune de Saint Jean de Maurienne qui n'a pas encore signé de convention avec l'Etat, c'était un premier essai avec un accueil dans deux maternelles sur trois (les ATSEM étant en grève dans la troisième): on fait travailler ceux qui travaillent. Rien n'était prévu pour les primaires, où il n'y a pas d'ATSEM.
J'en entends déjà certains dire: c'est normal, Saint Jean de Maurienne est désormais une commune UMP et avec un maire sarkozyste, le service minimum c'était couru d'avance. Oui et non. La commune de La Motte-Servolex qui, comme nous, a désormais un maire UMP a déjà passé une convention avec l'Etat et, alors qu'en janvier dernier la mairie de gauche l'avait refusé, le service minimum dans les écoles y est désormais appliqué.
Pas chez nous. Je formulerai deux hypothèses:
1)c'est un bordel innommable à la mairie et M. Charvoz a eu d'autres chats à fouetter
2)c'est un signe de modération et une volonté d'évaluer avant tout le service qu'on peut rendre aux citoyens (et non une quelconque idée, envie de briser la grève, une décision purement idéologique)
Bien sûr, certains précédents nous poussent à pencher en faveur de la première hypothèse: le refus de laisser le moindre siège à la communauté de communes à l'opposition, le refus unanime de la majorité municipale que la commune de Saint Jean rejoigne le collectif de soutien à notre tribunal d'instance de Saint Jean et le récent changement de nom de l'ancienne association d'opposition « Saint Jean autrement » en « Ensemble pour Saint Jean », autant dire: « Bienvenue chez les UMP ».
Mais le doute est permis et l'espoir fait vivre.

lundi, 12 mai 2008

"Réussir le MoDem"

Au MoDem Savoie nous avions une réunion le 29 avril pour discuter du Réglement intérieur, pour ce qui est du national ce fut vite expédié puisqu'une proposition devait être formulée le 3 mai puis discutée le 8 mai avant d'être examinée par le Conseil national le 14. Pouvait-il en être autrement?
Nous nous sommes donc surtout penchés sur l'organisation départementale, sans savoir précisément s'il y aurait une marge de liberté en la matière, ni ce qu'elle serait le cas échéant. Ce qui est ressorti des débats: le souci d'instaurer une « police » pour les Modems déviants, la volonté en fonction des participants de donner plus ou moins d'importance aux territoires, plus ou moins de poids au Conseil départemental (assemblée), plus ou moins de collégialité à la présidence, de choisir des « dirigeants » plus ou moins selon des compétences. Toutes questions d'une importance capitale mais qui, pour moi qui n'ai jamais appartenu à un parti, sont quelque peu exotiques.

Comme tous, j'ai mes idées en matière d'organisation de notre Mouvement, elles n'ont pas varié depuis ce que j'écrivais en juillet dernier. Mais ce n'est à mes yeux pas suffisant pour avoir un avis définitif et tranché sur tout. Et j'ai apprécié cette possibilité d'en débattre relativement sereinement.
Il est évident que ces questions d'organisation sont extrêmement sensibles. Je ne veux pas parler des appétits que localement elles ne manquent pas de révéler. Je pense aux attentes que le Règlement intérieur n'a pas manqué de susciter, que la version proposée par le siège n'a pas satisfaites, que Bayrou semble avoir ignorées le 8 mai, ne se comportant pas encore une fois comme le chef démocrate dont certains rêvaient...

Alors, ce ne sont que des impressions mais:
1)il faudra un jour ou l'autre qu'on se demande ce qu'est un « chef démocrate ». Je ne crois pas qu'on pourra éternellement faire l'économie de cette question. En juillet, j'écrivais: « Je ne crois pas aux « chefs », je pense que certains à certains moments vont être plus capables que d'autres de représenter nos idées et d'être nos élus mais que ce ne sera pas forcément toujours les mêmes et c'est une bonne chose ». Mais être démocrate ce n'est pas être anarchiste. Je parlerai de responsables, plutôt que de chefs, de dirigeants, de présidents ou de vice-présidents. Mais peu importe leur nom tant qu'ils restent conscients que le « pouvoir » qu'ils exercent n'est pas le leur, qu'ils n'en sont que les dépositaires.
Je pensais en 2007 que François Bayrou ferait un bon président pour notre pays, (entre autres parce qu'il a au plus haut point cette conscience) je n'ai pas changé d'avis. Je persiste donc à croire qu'il est un président « acceptable » :-) pour notre Mouvement.

2)le plus important pour chacun est de « réussir le MoDem ». Je partage l'idée que le MoDem est un laboratoire de refonte politique, le moteur possible de réformes. Pourquoi le veut-on à ce point exemplaire? Peut-être parce qu'il y a derrière une envie que le MoDem fonctionne comme l'on voudrait que l'Etat fonctionne, que le MoDem soit la démocratie que la France n'est pas.
Mais il existe une chose qu'on ne doit pas perdre de vue. Le Règlement intérieur ne changera rien à la vie de nos concitoyens et le MoDem, s'il n'est plus un Mouvement, non plus. « Le MoDem ne doit pas fonctionner comme une pyramide, il y a déjà trop de pyramides qui éloignent les élus du peuple, il doit être comme une maison ouverte sur la rue. Car il y a des moments où nous sommes heureux d'être entre nous, mais cela ne doit pas nous couper du monde et de nos concitoyens. »

3)le MoDem doit se construire sur quelques principes: la représentativité des responsables (parité, territoires), le partage du « pouvoir » (un seul mandat interne, renouvable une seule fois...) et la participation du plus grand nombre (au niveau départemental le véritable pouvoir de décision ne doit pas appartenir à une présidence mais au conseil...).
C'est difficile de le « réussir » parce que tout ceci est très éloigné de ce qui prévaut dans l'organisation des partis actuels, c'est difficile parce que c'est à inventer. C'est un peu comme une recette: il n'y a pas que les ingrédients, il y a aussi la mesure de chaque ingrédient, la température et la durée de cuisson et il y a cette part d'inconnu (cette part d'angoisse) de savoir si le gâteau lèvera ou non. Surtout parce que nous avons tous la certitude que ce n'est pas le moment de le rater, que c'est le moment de le faire partager.

lundi, 05 mai 2008

Chapitre 110: Alcan-Rio Tinto, encore et toujours

Au dernier conseil municipal (lundi 28 avril) M. le maire a affirmé que c'était par souci de transparence qu'il avait livré au conseil, à la presse, aux citoyens sa « conviction personnelle », selon laquelle le groupe Alcan-Rio Tinto avait programmé la fermeture du site de Saint Jean de Maurienne à l'horizon 2012. Je salue cette volonté de transparence.

Il a évoqué par ailleurs la question posée par M. Jean-Pierre Vial, la proposition d'achat et son rejet par le groupe et rappelé certaines rencontres avec les syndicats (CGT) sans parler toutefois de la réuunion qu'il avait eue le matin même avec représentants de la CGT et...du projet de reprise. Défaut de mémoire?

Voici en vrac quelques propos tenus par notre premier magistrat: «La direction locale a perdu toute crédibilité », « on se fiche des élus... et des salariés ». En faisant miroiter un projet d'extension, le groupe nous avait tous fait « cocus ». Et le mot de la fin: il fallait un investissement pour doubler la capacité de production de l'usine, parce que « cocus une fois ça va, cocus deux fois y a mieux ».

Petite concession au milieu de tout cela: il ne fallait pas « focaliser sur un repreneur ». Mais on est assez loin du souhait de dialogue exprimé par M. Yves Durbet, président de la communauté de communes.

Quelles peuvent être les conséquences de jeter de l'huile sur le feu? ça peut provoquer une situation de démobilisation, voire de découragement? faire s'effondrer les prix de l'immobilier? faire baisser le prix de l'usine pour d'éventuels repreneurs? Ou rebuter les repreneurs, même les plus volontaires, s'ils pensent que la situation n'est pas suffisamment « sous contrôle »?
Rien de très constructif en tout cas.

Je ne suis pas loin de partager le point de vue de M. Philippe Rollet, membre de l'opposition, qui pense que c'est tout autre chose qu'on attend d'un maire.

Aujourd'hui, tout dépend du gouvernement. Tant qu'il n'aura pas accordé au groupe Alcan-Rio Tinto l'autorisation de vendre sa division packaging et transformation du métal, il disposera d'un moyen de persuasion pour obtenir soit une mise en vente de l'usine de Saint Jean, soit des garanties suffisantes sur l'avenir du site après 2012 (2015).

La transparence, ce serait peut-être de dire que les élus locaux n'y peuvent pas grand chose (voir le chapitre 21) à part essayer de se faire mousser... 

vendredi, 02 mai 2008

Alcan-Rio Tinto III

A ce jour M. le député Michel Bouvard n'a donné aucune réponse à ma lettre ouverte concernant la situation de l'usine Alcan-Rio Tinto.

M. le sénateur Jean-Pierre Vial a de nouveau adressé une question mardi à Mme la ministre Christine Lagarde lors de questions au gouvernement.
C'est Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur qui lui a répondu ce qui suit:
« Alcan, qui emploie plus de 15 000 personnes en France sur 49 sites, a fait l'objet d'une offre publique d'achat amicale du groupe anglo-australien Rio Tinto. Le 4 octobre dernier, Rio Tinto a pris envers le Gouvernement des engagements précis quant à la pérennité de l'activité de recherche et développement en matière d'électrolyse assurée par les centres de Rhône-Alpes et à la sécurité d'approvisionnement des industries aéronautiques et de défense à partir de sites français.
Christine Lagarde, qui suit ce dossier de près, a eu l'occasion d'évoquer le sort du site de Saint-Jean-de-Maurienne avec Paul Skinner, président de Rio Tinto. Le Gouvernement souhaite qu'une activité industrielle solide et compétitive y soit maintenue. Ce site est une plate-forme de démonstration pour les innovations développées en Rhône-Alpes, et la recherche comme l'innovation constituent des enjeux cruciaux pour le maintien d'une base industrielle forte en France -la réforme du crédit d'impôt recherche en témoigne. L'avenir du site repose également sur les conditions d'accès à l'énergie à moyen et long terme. Le projet Exeltium, en attente de l'accord de la Commission européenne, permettra aux industries électro-intensives de sécuriser leur approvisionnement en électricité.
A la demande de Rio Tinto, la direction du site doit proposer mi-2008 un plan d'action visant à en faire un des plus compétitifs au niveau mondial d'ici 2012. Il s'agit d'un préalable à toute décision. Le ministère de l'économie sera attentif à l'évolution de ce dossier. »

Cette réponse ne mentionne qu'une seule date « le 4 octobre dernier (2007) » qui remonte à 7 mois en arrière. Elle reprend la communication du groupe sur le rôle central de l'usine de Saint Jean dans le pôle Rhône-Alpes pour la recherche. Elle évoque le projet Exeltium sans paraître savoir qu'il y a quelques soucis de ce côté-là.
Quant au plan d'action évoqué s'agit-il de celui qui a été dévoilé au personnel de l'usine voilà une dizaine de jours?


Voici la réponse de M. Jean-Pierre Vial: « Je remercie les membres du Gouvernement et les fonctionnaires qui suivent ce dossier depuis plusieurs mois. Toutefois, je ne crois en rien aux engagements pris par Rio Tinto envers le Gouvernement. Rio Tinto ment en prétendant vouloir moderniser le site car le groupe a abandonné le projet de doublement de sa capacité de production, condition de sa survie. Les industriels et les techniciens savent que ce site ne peut survivre dans ces conditions.
La vente de l'activité transformation et emballage ne doit pas être autorisée car l'avenir du site de Saint-Jean-de-Maurienne, comme celle d'autres centres de production d'aluminium en France, en dépend. Si Rio Tinto ne peut garantir la survie du site, qu'il le mette en vente pour trouver un repreneur. Je remercie Mme le ministre de l'attention qu'elle porte à ce dossier car l'avenir du site dépend de la vigilance du Gouvernement. »

« L'avenir du site dépend de la vigilance du Gouvernement. » donc que faudra-t-il en conclure si les choses tournent mal pour le site? C'est osé, non? pour un sénateur UMP.
De là à penser que la première phrase de sa réponse n'est pas complètement sincère..

samedi, 26 avril 2008

Alcan-Rio Tinto II

Pour acheter l'usine il faut 300 millions d'euros. Or l'usine produit un bénéfice de 100 millions par an et cela au moins jusqu'à la fin de son actuel contrat énergétique avec EDF (2012 ou 2015).
100 millions par an pour encore 3 ans (et jusqu'à 7 ans) si la transaction se fait rapidement.
Et après la fin du contrat un bénéfice de 20 à 30 millions pendant encore quelques années, même s'il n'y a aucun investissement, aucune transformation et même si l'on en arrive à la fermeture...

Il y a de quoi attirer bien des appétits, surtout si la vente de l'usine se fait rapidement. Il s'agit donc, si reprise il y a, de se montrer particulièrement vigilants sur les garanties apportées. Car, à part servir quelques intérêts privés, à quoi cela servirait-il de vendre l'usine à des repreneurs qui ne proposeraient pas de projet industriel d'avenir?
La position de M. le maire de Saint Jean de Maurienne qui consistait à dire au dernier conseil: ce sera difficile de trouver des repreneurs mais il faut tout faire pour en trouver (sans dire qu'il faudra avant tout être attentif au projet proposé par des repreneurs) me semble de ce fait particulièrement inappropriée. Parce que:
1)il y avait eu une offre de reprise effective quelques jours avant (et que cela commençait à se savoir)
2)peu de personnes savent au juste en quoi consiste ce projet de reprise
Il ne s'agit pas de philanthropie (qu'il y ait ou non des anciens de Péchiney derrière ce projet de reprise), il y a des millions en jeu.
D'où mes questions (pour l'instant sans réponse) à M. le député Michel Bouvard, en particulier, qui sont les repreneurs potentiels?
J'ajouterai: Combien sont-ils prêts à investir dans l'usine? 

Par ailleurs, des repreneurs (les mêmes?) avaient déjà essuyé un refus de la part du groupe Alcan il y a deux ans. Qu'en sera-t-il cette fois? Il n'y a pas de signe que le groupe Alcan-Rio Tinto souhaite actuellement vendre l'usine. Ira-t-on jusqu'à l'y inciter fortement?

Loin des vaines agitations et des propos de "va-t-en guerre" de certains chefs locaux, il semble qu'un bras de fer soit sur le point de s'engager entre le gouvernement et le groupe Alcan-Rio Tinto. On peut noter cette question au Sénat de M. Jean-Pierre Vial le 10/04/2008 à Mme la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi:
Projets industriels du groupe Alcan-Rio Tinto en vallée de la Maurienne
13 ème législature
Question orale sans débat n° 0208S de M. Jean-Pierre Vial (Savoie - UMP)
publiée dans le JO Sénat du 10/04/2008 - page 692

M. Jean-Pierre Vial attire l'attention de Mme la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi pour que le Gouvernement obtienne du groupe canadien Alcan-Rio Tinto des informations précises sur les projets industriels du groupe en France dans le domaine de la production de l'aluminium et notamment sur le site de Saint-Jean-de-Maurienne. Alors que le groupe représentait plus de 25 000 emplois il y a quatre ans, les OPA successives et les cessions d'activité qui en sont résultées, réduiraient l'activité du groupe, à la seule activité de l'aluminium ce qui représenterait moins de 5 000 salariés, si la cession de l'emballage et de la transformation était autorisée. Or, cette réduction accélérée du périmètre d'activité d'Alcan-Rio Tinto en France, n'offre pas pour autant des garanties sur la pérennité de la production de l'aluminium, notamment en Savoie, bien au contraire. L'opacité et la contradiction des informations du groupe Alcan-Rio Tinto et l'absence d'un réel projet industriel, doivent conduire le Gouvernement à obtenir des informations précises et sérieuses, compte tenu des obligations et des garanties que le groupe Alcan-Rio Tinto doit donner en matière de garanties industrielles, environnementales et bien évidemment sur le plan économique et social, mais aussi en matière de garanties industrielles et de qualité environnementale des sites industriels abandonnés.

Le passage suivant est tout particulièrement intéressant. « Alors que le groupe représentait plus de 25 000 emplois il y a quatre ans, les OPA successives et les cessions d'activité qui en sont résultées, réduiraient l'activité du groupe, à la seule activité de l'aluminium ce qui représenterait moins de 5 000 salariés, si la cession de l'emballage et de la transformation était autorisée. » Il semble qu'il y ait là un moyen d'action possible sur le groupe. Le groupe Alcan-Rio Tinto a en effet annoncé sa volonté de vendre sa division packaging et transformation du métal et cette vente est apparemment suspendue à une autorisation de l'Etat.
On en saura davantage dans les jours qui viennent avec la réponse de Mme la ministre.

samedi, 19 avril 2008

Vivement le téléphérique?

Je ne sais pas si c'est comme cela qu'il faut s'y prendre mais pour les dernières élections municipales à Saint Jean de Maurienne nous avions un projet avant d'avoir un(e) candidat(e), avant d'avoir une liste, un nom pour notre liste...et nous avions été attentifs à ce que nos propositions pour notre ville soient réalistes.
Tout le contraire a priori du téléphérique promis par M. Charvoz dans son programme.
Mais nous aurons l'occasion de considérer ensemble la question sous tous ses aspects et s'il s'agit de ma part d'une jalousie politique ou d'une prévention ridicule, vous aurez tout lieu de me le démontrer dans vos commentaires.
Donc voilà qu'avec mon habitude dérangeante de poser des questions j'interroge des Saint Jeannais dont je sais qu'ils ont voté pour M. Charvoz et je leur demande ce qu'ils pensent de cette histoire de téléphérique. Pensent-ils que c'est réalisable? Que ce serait une bonne chose pour la ville?...
« Pensez-vous! Il ne le fera pas son téléphérique. », « Ne vous inquiétez donc pas pour ça ».
C'est presque drôle, comme tout ce qui est profondément absurde.
Mais ça a le défaut de lever le voile sur l'état de confiance qui existe entre le peuple et ses élus et de rendre tangible le pourrissement de notre vie politique.
En même temps, je suis sûrement mal tombée. Si vous êtes sûrs que très bientôt M. le Maire nous proposera un magnifique projet de téléphérique, excusez-moi pour ce bavardage sans objet. Mais si vous y croyez ou que vous connaissez un(e) Saint Jeannais(e) qui y croit, merci de laisser des coordonnées pour une interview.