lundi, 12 mai 2008

"Réussir le MoDem"

Au MoDem Savoie nous avions une réunion le 29 avril pour discuter du Réglement intérieur, pour ce qui est du national ce fut vite expédié puisqu'une proposition devait être formulée le 3 mai puis discutée le 8 mai avant d'être examinée par le Conseil national le 14. Pouvait-il en être autrement?
Nous nous sommes donc surtout penchés sur l'organisation départementale, sans savoir précisément s'il y aurait une marge de liberté en la matière, ni ce qu'elle serait le cas échéant. Ce qui est ressorti des débats: le souci d'instaurer une « police » pour les Modems déviants, la volonté en fonction des participants de donner plus ou moins d'importance aux territoires, plus ou moins de poids au Conseil départemental (assemblée), plus ou moins de collégialité à la présidence, de choisir des « dirigeants » plus ou moins selon des compétences. Toutes questions d'une importance capitale mais qui, pour moi qui n'ai jamais appartenu à un parti, sont quelque peu exotiques.

Comme tous, j'ai mes idées en matière d'organisation de notre Mouvement, elles n'ont pas varié depuis ce que j'écrivais en juillet dernier. Mais ce n'est à mes yeux pas suffisant pour avoir un avis définitif et tranché sur tout. Et j'ai apprécié cette possibilité d'en débattre relativement sereinement.
Il est évident que ces questions d'organisation sont extrêmement sensibles. Je ne veux pas parler des appétits que localement elles ne manquent pas de révéler. Je pense aux attentes que le Règlement intérieur n'a pas manqué de susciter, que la version proposée par le siège n'a pas satisfaites, que Bayrou semble avoir ignorées le 8 mai, ne se comportant pas encore une fois comme le chef démocrate dont certains rêvaient...

Alors, ce ne sont que des impressions mais:
1)il faudra un jour ou l'autre qu'on se demande ce qu'est un « chef démocrate ». Je ne crois pas qu'on pourra éternellement faire l'économie de cette question. En juillet, j'écrivais: « Je ne crois pas aux « chefs », je pense que certains à certains moments vont être plus capables que d'autres de représenter nos idées et d'être nos élus mais que ce ne sera pas forcément toujours les mêmes et c'est une bonne chose ». Mais être démocrate ce n'est pas être anarchiste. Je parlerai de responsables, plutôt que de chefs, de dirigeants, de présidents ou de vice-présidents. Mais peu importe leur nom tant qu'ils restent conscients que le « pouvoir » qu'ils exercent n'est pas le leur, qu'ils n'en sont que les dépositaires.
Je pensais en 2007 que François Bayrou ferait un bon président pour notre pays, (entre autres parce qu'il a au plus haut point cette conscience) je n'ai pas changé d'avis. Je persiste donc à croire qu'il est un président « acceptable » :-) pour notre Mouvement.

2)le plus important pour chacun est de « réussir le MoDem ». Je partage l'idée que le MoDem est un laboratoire de refonte politique, le moteur possible de réformes. Pourquoi le veut-on à ce point exemplaire? Peut-être parce qu'il y a derrière une envie que le MoDem fonctionne comme l'on voudrait que l'Etat fonctionne, que le MoDem soit la démocratie que la France n'est pas.
Mais il existe une chose qu'on ne doit pas perdre de vue. Le Règlement intérieur ne changera rien à la vie de nos concitoyens et le MoDem, s'il n'est plus un Mouvement, non plus. « Le MoDem ne doit pas fonctionner comme une pyramide, il y a déjà trop de pyramides qui éloignent les élus du peuple, il doit être comme une maison ouverte sur la rue. Car il y a des moments où nous sommes heureux d'être entre nous, mais cela ne doit pas nous couper du monde et de nos concitoyens. »

3)le MoDem doit se construire sur quelques principes: la représentativité des responsables (parité, territoires), le partage du « pouvoir » (un seul mandat interne, renouvable une seule fois...) et la participation du plus grand nombre (au niveau départemental le véritable pouvoir de décision ne doit pas appartenir à une présidence mais au conseil...).
C'est difficile de le « réussir » parce que tout ceci est très éloigné de ce qui prévaut dans l'organisation des partis actuels, c'est difficile parce que c'est à inventer. C'est un peu comme une recette: il n'y a pas que les ingrédients, il y a aussi la mesure de chaque ingrédient, la température et la durée de cuisson et il y a cette part d'inconnu (cette part d'angoisse) de savoir si le gâteau lèvera ou non. Surtout parce que nous avons tous la certitude que ce n'est pas le moment de le rater, que c'est le moment de le faire partager.