lundi, 11 mai 2009

Chapitre 10: Mini-Bayrou?

 

Si je me consacre autant à la politique locale mauriennaise -et que j'ai mis entre parenthèses ma « carrière de blogueuse nationale » lol, ce n'est pas par hasard. C'est d'abord par goût du « concret » et par attachement à ma Maurienne d'adoption, mais aussi parce que la situation politique locale a d'étranges ressemblances (voir l'actualité de la Charvozie) avec la situation nationale.


La principale différence est que l'affrontement entre « mini-Martine » et « mini-Ségolène » a déjà eu lieu ici, pendant la pré-campagne des municipales avec, à la clé, les dégâts que l'on imagine.


Qu'on dise de moi que je suis une « mini-Bayrou » et qu'en face il y a un « mini-Sarkozy », cela ne va pas résoudre les problèmes locaux, mais après tout, pourquoi pas? En tout cas, cela ne me dérange pas. J'assume mon bayrouisme.


Je ne vous dirai pas qui a inventé nos « mini-moi ». Cela ferait « causer » à Saint Jean !

Mais c'est bien trouvé.


Il faut reconnaître que c'est tentant et amusant de se livrer à de tels rapprochements, c'est relativement éclairant quant aux caractères et aux façons de concevoir et de faire de la politique des uns et des autres.


Ces rapprochements ont cependant leurs limites: l'association Vivons Saint Jean n'est pas le MoDem et il y a au moins deux choses que je peux faire et pas François Bayrou:

porter des jupes et porter des enfants ;-)

lundi, 19 mai 2008

Chapitre 111: C'est purement idéologique, ne vous inquiétez pas! (suite)

Je le fais de temps en temps: reprendre un commentaire laissé par un de mes lecteurs. C'est le cas aujourd'hui pour le commentaire de Gilles à propos du chapitre 111. Je le publie accompagné d'une réponse assez longue. Parce que j'y parle entre autres éducation, éducation nationale. Quand j'ai créé ce blog, je pensais que ce serait un de mes sujets favoris. Trop sensible? Trop douloureux pour ceux qui le vivent de l'intérieur?

Bonjour, Quelles propositions proposez vous face à ces attaques incessantes du service public ? La grève est le seul moyen de pression que nous ayons droit encore, je ne suis pas prof et j'étais dans la rue et fier d'y être. Par contre je n'ai pas vu beaucoup de profs, peut être qu'ils pensent qu'ils ne seront pas touchés par les suppressions ou la loi sur la mobilité, pourtant la science infuse est un art que votre profession possède !! Je ne vais pas manifester dans la rue par plaisir, simplement car j'ai peur pour mon avenir et celui de nos enfants, un jour de salaire en moins je m'en passerai, mais tant que les Français auront encore de quoi se payer des vacances ils ne bougeront pas, mais attention quand il n'y aura plus de pognon, j'ai peur que la violence prenne le dessus. Bravo les Lycéens.

Bonjour Gilles, je suis désolée que la grève ne mobilise pas suivant vos espérances. Mais il y a toutes sortes de grèves, certaines sont particulièrement justes et ont toute ma considération et mon soutien. Celle-ci est une grève politique (par laquelle on tente d'obtenir dans la rue ce qu'on n'a pas obtenu dans les urnes) et je pourrai vous faire une réponse politique.

Qu'a fait la gauche au pouvoir pour l'Education nationale? N'était-il pas question à une époque de « dégraisser le mammouth »?

Si vous avez lu ce blog, vous savez que je n'apprécie pas Nicolas Sarkozy, pas plus que les grévistes ne l'apprécient en tout cas, mais ce que je ne trouve pas tolérable, ce sont ses méthodes et je ne les trouve pas plus tolérables chez d'autres. Tout mélanger, tout rendre idéologique, enfreindre les règles communes quand ça arrange, cela m'est insupportable. Donc tant que je saurai de manière sûre que des tracts portant des logos PS et PCF sont faits sur les photocopieuses du lycée et donnés à des élèves pour qu'ils les distribuent, je ne risque pas de me joindre à cette grève.

Je suis déterminée à lutter contre tous les privilèges quels qu'ils soient (voir chapitre 8du Journal) et je ne suis pas opposée à la modernisation des services publics, y compris à leur privatisation si cela doit permettre à l'Etat de se recentrer sur ses missions premières dont la justice, la santé et l'éducation. L'Education nationale n'est pas la poste, ni la SNCF. Donc pour moi la défense des services publics ça ne veut pas dire grand chose.

Que les collègues touchés par les suppressions d'heures et de postes aient souhaité réagir, je le comprends et je me suis montrée solidaire à ma façon. Mais mon combat à moi, dans ce cas, ce sont les options, en particulier la survie des langues anciennes et j'essaierai de faire comprendre à quel point ce combat n'est pas personnel.

Parce qu'il pose une question essentielle: que doit être pour nous l'éducation? Quelle place lui donnons-nous dans la société? Voulons-nous aller vers une éducation purement utilitaire? Pensons-nous que tout ce qui ne sert pas directement à avoir un métier ne sert à rien? C'est une rupture sans doute décisive avec des siècles d'histoire.

Il y a des réformes à venir, dont on ne dit rien ou presque aux citoyens: la refonte des filières (générales?), la marche vers une plus grande autonomie des établissements, la fin des concours nationaux de recrutement. Pourtant c'est là que se situent les vraies questions de l'école républicaine.

Si les profs souffrent aujourd'hui, c'est parce qu'ils ne savent plus ce qu'est leur métier, ce qu'est leur place dans la société. Ils sont en première ligne d'une évolution, sans doute nécessaire, mais qui se fait sans aucune concertation avec les intervenants scolaires et dans l'ombre loin du regard des Français.

Pour la conclusion je suis d'accord avec vous: la situation de blocage politique dans laquelle on se trouve, l'absence de démocratie réelle, le mépris dans lequel on tient les citoyens, combinés à des difficultés économiques et sociales comportent des risques évidents d'explosion et l'on sent bien que (depuis des années) ces risques ne cessent de croître.

Personnellement je n'appelle pas à la Révolution (et certains qui en agitent le spectre seraient bien embarrassés si elle se produisait), je pense qu'il y a des réformes importantes à faire, des réformes politiques (dans le sens où elles concernent notre projet commun, notre vivre ensemble) mais elles réclament qu'on sorte de l'idéologie, que l'on accepte de débattre, d'évoquer les vrais enjeux et de laisser le peuple juger.

 

 

samedi, 12 janvier 2008

Chapitre 91: "Je suis une force qui va!"

Ce blog est un blog éminemment politique. On n'y parle quasiment que de politique. Mais il s'est produit hier un fait très inhabituel: j'ai cité à deux reprises le nom de M. Nicolas Sarkozy. Depuis six mois que je poste des articles ou des chapitres de mon journal de bayrouiste, je n'ai cité ce nom que trois ou quatre fois. En fait, je me rends compte tout à coup que c'est extraordinairement peu. Si je me tais à son sujet, ce n'est pas par approbation passive ou par indifférence, mon silence actuel est une réaction à un monde de bruit et d'agitation, à une politique « du tournis » (pour reprendre les mots de François Bayrou) qui m'écoeure.

Mais, si cet été je n'en disais rien ou presque, c'était pour une autre raison. Je n'avais pas voté pour lui mais j'avais décidé de laisser le temps à l'homme qui venait d'être élu de montrer que les Français avaient fait un bon choix. Je me disais qu'il aurait à coeur de prouver qu'il était digne de la confiance qu'on lui avait accordée. Parmi les personnes qui me faisaient penser qu'il fallait attendre et voir, il y avait en particulier Mme Rama Yade, pour laquelle j'éprouve une vraie sympathie. Elle était hier soir l'invitée de Guillaume Durand. Quand il lui a demandé pourquoi elle avait choisi de soutenir M. Sarkozy, elle a évoqué sa volonté de faire plutôt que de parler et a utilisé une expression très intéressante pour le qualifier: c'est « une force qui va ».

 

« Je suis une force qui va !


Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !


Une âme de malheur faite avec des ténèbres !


Où vais-je ? Je ne sais. Mais je me sens poussé


D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.


Je descends, je descends et jamais ne m'arrête.


Si, parfois, haletant, j'ose tourner la tête,


Une voix me dit : "Marche !" et l'abîme est profond,


Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond ! »

 

Non, ça, ce n'est pas elle qui le dit, ni lui, ni moi, c'est dans sa célèbre tirade le personnage de Victor Hugo, le bandit Hernani, lorsqu'il s'aperçoit qu'il est victime de la Fatalité et qu'il veut écarter de lui son aimée Dona Sol.

C'est fou comme notre inconscient peut nous jouer des tours.