mercredi, 17 juin 2009

Chapitre 12: Broderie ou politique, il faut choisir

Il y a deux qualités que je place au-dessus des autres, la volonté et le courage. Ce sont des qualités qui ne sont pas si fréquentes en politique -je pourrais même citer des élus qui en manquent singulièrement. Mais ce sont celles et ceux qui les possèdent qui me servent d'exemples.

Quand j'ai décidé de faire de la politique, de conduire une liste aux municipales de mars 2008, je n'ai pas décidé de faire de la broderie. Je n'ai rien contre la broderie, mais ce n'est pas fait pour moi.

Certaines personnes me mettent en garde quand je plaisante sur ce blog à propos du carriérisme ou du sarkozysme de M. le maire de Saint Jean de Maurienne (qualifié récemment de "très sarkozyste" dans le Dauphiné Libéré) ou quand je souligne dans la presse les non dits de M. Michel Bouvard, député, sur la question de l'approvisionnement en électricité de l'usine Alcan Rio Tinto. Il paraît que je dois m'attendre à des représailles en sous-main. Si elles se produisent, vous en serez les premiers informés.

Si depuis deux ans (ce blog fête ces deux ans d'existence!) je dis ce que je pense de manière publique, à visage découvert et en assumant la responsabilité de mes propos, si je préside une association Vivons Saint Jean qui cause bien des soucis à M. le maire en raison de ses vérités dérangeantes, c'est parce que j'ai encore confiance en notre démocratie, aussi malade d'un manque de transparence et de représentativité des élus soit-elle et parce qu'il serait bien dommage de se priver d'un droit d'expression que bien des peuples nous envient.

 

vendredi, 01 mai 2009

Lettre ouverte à Hervé Gaymard

Lettre ouverte à M. Hervé Gaymard à propos de l'usine Alcan-Rio Tinto de Saint Jean de Maurienne

publiée dans La Maurienne du 30/04/2009


Monsieur le député et président du Conseil Général de Savoie,


vous êtes intervenu à l'Assemblée Nationale ce mercredi 25 mars 2009 pour rappeler l'importance du tarif de l'énergie pour les industries électro-intensives, dont le groupe Alcan-Rio Tinto et l'usine de production d'aluminium de Saint Jean de Maurienne.

Je vous remercie de cette intervention qui a le mérite de rappeler à nos concitoyens ce qui met en danger l'avenir de nos usines.


Nous sommes aujourd'hui dans une situation de crise grave. De nombreux intérimaires travaillant depuis longtemps pour l'usine ont des contrats qui ne sont pas renouvelés et les sous-traitants sont eux aussi touchés.

Avant la crise, le problème se posait déjà de la rentabilité de l'usine à partir de 2012, date à laquelle le contrat actuel avec EDF prend fin. En effet, la rentabilité de l'usine dépend du coût de l'électricité pour produire chaque tonne. Or le coût de la tonne produite doit en 2012 connaître une forte augmentation.

Par ailleurs, les incertitudes en matière d'approvisionnement en électricité pèsent lourd dans les choix d'un groupe comme Alcan-Rio Tinto.

C'est d'abord l'ouverture du capital d'EDF en 2004, consécutive à l'ouverture à la concurrence du marché de l'énergie, qui fait peser une grave menace sur l'usine de Saint Jean.


M. Michel Bouvard, député de Maurienne, connaissait les conséquences à venir de ces décisions sur notre industrie, mais il ne s'y est jamais opposé par son vote à l'Assemblée.

Les Mauriennais sont en droit de lui demander des comptes. Pourquoi n'a-t-il pas voté contre ce qui menaçait l'avenir industriel de leur vallée?

Les textes de loi auraient sans doute été adoptés avec ou sans M. Michel Bouvard. Mais son rôle de député n'était-il pas de représenter notre territoire et de défendre l'intérêt des Savoyards? Comment pouvons-nous espérer que notre démocratie se fasse en fonction de l'intérêt général, si l'intérêt de certains n'est pas représenté?


Cela n'aurait sans doute pas été bon pour la carrière politique de M. Bouvard et de son suppléant M. Pierre-Marie Charvoz de s'opposer à M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'économie à l'époque. Cela n'aurait pas été facile mais leur devoir d'élus était d'alerter la population et de se battre avec les moyens dont ils disposaient.

Si l'usine fermait aujourd'hui, on mettrait tout sur le dos de la crise mondiale. Personne ne parlerait plus du tarif de l'électricité. M.Bouvard et son suppléant n'auraient jamais à se justifier devant les Mauriennais de leurs choix. C'est inacceptable.


L'association citoyenne que je représente, Vivons Saint Jean, a pour objectif d'informer les citoyens des décisions qui sont prises en leur nom et je m'adresse à vous car je ne doute pas que vous souhaitiez comme nous, que chaque élu assume les choix qu'il a faits et en rende compte.

Vous comprendrez notre inquiétude.

Devons-nous faire confiance à ceux-là mêmes qui nous ont caché la vérité sur ces questions d'énergie? Se battront-ils pour l'usine de Saint Jean? Verrons-nous, s'il le faut, M. Michel Bouvard et M. Pierre-Marie Charvoz faire le siège de l'usine? Entamer une grève de la faim? Ou feront-ils comme ils ont fait pour le tribunal de Maurienne?


Je vous prie de recevoir, Monsieur le député et président du Conseil Général de Savoie, l'expression de ma considération distinguée.

Florence Arnoux Le Bras

présidente de Vivons Saint Jean

 

samedi, 07 juin 2008

Chapitre 114: Mon député à moi

Le 23 avril dernier, je publiais sur ce blog la lettre que j'adressais à M. le député de Maurienne Michel Bouvard à propos de la situation de l'usine Alcan-Rio Tinto de Saint Jean de Maurienne.

Monsieur Michel Bouvard n'ayant toujours pas donné suite à ce courrier, après plus d'un mois, je vous avouerai, lecteurs, que je n'espère plus guère de réponse.

Nous éviterons d'en déduire quoi que ce soit sur la proximité de Monsieur Michel Bouvard avec les habitants de sa circonscription et son souci des questions fondamentales pour les Mauriennais.

Je noterai seulement que Monsieur Michel Bouvard avait été beaucoup plus réactif lors de la dernière campagne électorale et que j'avais eu droit à un communiqué dans le Dauphiné Libéré lorsque j'avais déclaré m'interroger sur son choix de ne pas voter en 2004 contre l'ouverture de capital d'EDF, en tant que député de la Maurienne, qui ne pouvait ignorer ses conséquences probables sur notre industrie et en particulier l'usine Alcan-Rio Tinto. Voir le chapitre 107.

Nous n'irons pas jusqu'à nous imaginer qu'il y ait là une certaine rancoeur de sa part et une volonté de ne pas me répondre à moi. Ou qu'il eût fallu publier la même lettre dans La Maurienne pour obtenir une réponse.

Peut-être n'a-t-il tout simplement pas de réponse aux questions que je posais. Et peut-être aurais-je du m'adresser directement à Monsieur Hervé Gaymard, président du conseil général?

En tout cas, c'est dommage, car ces questions essentielles demeurent et je ne crois pas être la seule à attendre des réponses de nos responsables politiques.