samedi, 10 novembre 2007

Chapitre 64: La médiathèque encore et encore

Non, pas la médiathèque, pas encore! Je suis désolée, j'ai hésité pendant de longs jours parce que cela m'ennuie que la médiathèque devienne le symbole du mécontentement contre certaines dérives de l'actuelle municipalité. Le centre technique municipal (que j'ai affectueusement surnommé « le petit Trianon ») aurait mieux convenu: 300m2 rien que pour les bureaux1 quand même.  

Donc la médiathèque, dont je disais dans mon post du 7 août qu'elle était subventionnée par la Région, le Conseil général et l'Etat. Mme Jeanine Gippa nous précise dans un post de SJ 10000 le détail des subventions. L'équipement apparaît largement subventionné.

C'est bien, très bien même en termes de course aux subventions. Mais ça me fait penser à la VPC. La VPC? Ben oui, c'est comme à la Redoute ou aux 3 Suisses quand ils t'offrent un chèque de 41 euros pour un achat de 99 euros. Alors, bien sûr, tu achètes moins cher. Mais t'as tendance à acheter plus et des choses pas toujours nécessaires.

Sans compter (enfin si justement en comptant) qu'à mon avis le subventionnement n'est pas une raison pour se montrer moins prudents et réalistes dans les investissements que l'on fait, parce qu'elles viennent bien de quelque part, ces subventions, elles ne tombent pas du ciel. D'où qu'il vient l'argent déjà?

1 il paraît que la surface a été réduite, avant ou après que l'on en arrive à 300m2?

jeudi, 01 novembre 2007

Chapitre 62: Les livres

Pourquoi j'aurais préféré ne rien avoir à reprocher à la future médiathèque de Saint Jean de Maurienne:

Quand j'étais gamine à l'école de mon village dans la classe des grands (CE2, CM1, CM2), je m'occupais de la bibliothèque. Chacun d'entre nous avait son « métier ». Samuel avait en charge le courrier, Nicolas le jardinage (je crois), Joëlle était notre infirmière pour les petits bobos (elle est devenue infirmière « pour de vrai »)... Ma meilleure amie Claire et moi, nous nous occupions des livres de la classe. Je les revois, bien rangés, les livres de la bibliothèque rose et de la bibliothèque verte sur lesquels nous veillions comme un trésor. Nous les prêtions à nos petits camarades et nous les réparions à grand renfort de scotch qui collait aux doigts. Aujourd'hui, je répare ceux de mes enfants mais j'avoue que je préfère laisser cette tâche à mon mari, comme s'il y avait trop de choses enfouies là-dessous.

La bibliothèque du village, c'était une petite salle sombre et froide dans une annexe à la salle des fêtes. On ne venait que pour emprunter des livres un soir par semaine, on ne les lisait pas sur place évidemment. Dans mon souvenir la salle n'avait pas de fenêtres. Je me rappelle de grandes étagères avec des livres recouverts de papier kraft et d'une dame extraordinaire qui me conseillait dans mes lectures. J'étais une boulimique de lecture. J'avais toujours à mon chevet une demi-douzaine de livres commencés. Je lisais de front plusieurs livres et, comme j'ai toujours éprouvé une sorte d'angoisse à terminer un livre, j'en ai conçu de sales manies, comme le fait de toujours ou presque commencer par « feuilleter », c'est-à-dire lire le début et la fin avant de lire le reste.

Quand j'étais lycéenne, la bibliothèque de Chambéry était à deux pas du lycée Vaugelas et je m'y installais dès que j'en avais l'occasion. Pendant mes études supérieures, je cumulais cinq ou six cartes de bibliothèque, ma chambre en cité U était envahie par des piles de livres sur la table-bureau, sur l'étagère, sur le sol. Vous me direz que ce n'est pas une façon de traiter les livres, c'est vrai, mais je ne bénéficiais pas du même confort qu'aujourd'hui. Il y avait la BU (bibliothèque universitaire), la petite BU, les bibliothèques de centre ville, la BM (bibliothèque municipale) de Grenoble où l'on vous apporte/apportait les livres de la réserve par un système de monte-plats. Pour moi, la première fois que j'ai débarqué à Grenoble, c'était quelque chose d'incroyable.

J'ai aussi eu la chance d'entrer dans des bibliothèques merveilleuses, comme celle du palais Farnèse, ambassade de France à Rome (merci à Martine et Isabelle C.) Des milliers de livres d'une beauté extraordinaire, des étagères qui montent partout jusqu'au plafond et une atmosphère qui rend le savoir entreposé là presque sensible. Je ne saurais dire si c'est plus beau ou plus imposant. En tout cas, il m'arrive souvent de repenser à ce lieu. Dans le cadre de mes recherches pour ma thèse1, pour consulter les tapuscrits de mon auteur Jacques-Louis D'Estrebay, j'ai « écumé » les bibliothèques à Grenoble, à Lyon, à Besançon... et à Paris, la BNF. C'est ce qui me plaisait dans l'idée de devenir chercheur: ces heures passées au milieu des livres, en leur compagnie. Dire que j'aime les livres, ce serait encore mentir.

Ceci pour affirmer sans ambiguïté aucune que, s'il n'y avait pas d'inquiétude par rapport à la future capacité financière de la ville et s'il n'y avait pas peut-être d'autres priorités, je m'enthousiasmerais pour un projet de nouvelle médiathèque à Saint Jean. D'ailleurs, ces réserves émises, si médiathèque il y a, je m'intéresse de près à ce qu'elle sera:

http://lemodemenmaurienne.hautetfort.com/archive/2007/08/...

Ne devait-il pas y avoir une réunion pour en discuter avec la population?

http://lemodemenmaurienne.hautetfort.com/archive/2007/08/...

Car la prochaine municipalité devra en faire une réussite.

1 Si vous tapez mon nom dans un moteur de recherche, vous ne tomberez que sur un article, j'ai abandonné ma thèse après la naissance de mon petit quatrième. Mais un jour je retournerai à la recherche. Tu vois, Martine, je n'ai pas complètement oublié :-)

samedi, 27 octobre 2007

Chapitre 59: A demain (suite)

Expérience de conseil de classe municipal. Le conseil a été très tendu avec des propos que je n'aurais jamais cru entendre en plein conseil municipal. Normalement tout se discute en commissions, le conseil est une mécanique bien huilée. Pourtant hier soir il y a eu débat et des voix discordantes au sein même de la majorité.  Alors que le vote allait porter sur différentes parties du budget de la médiathèque, M. Georges Nagi a pris la parole pour dire tout bonnement qu'il se demandait si c'était bien raisonnable d'engager de telles dépenses. Qu'en 2005 il était d'accord car tous les indicateurs chez Alcan était au vert, qu'aujourd'hui ils étaient tous au rouge, qu'il y avait les rapports d'experts, que le projet d'extension, c'était terminé, que le labo pouvait être déplacé...bref, ça a chauffé pendant au moins 45 mn, à un moment M. Roland Merloz lui a demandé s'il considérait leur conduite comme "irrresponsable" (sic). Franchement j'ai trouvé M. Nagi (que je ne connaissais pas) très convaincant quand il a exprimé ses craintes pour Alcan et ses inquiétudes face à de lourds crédits. Comment on va payer le personnel de la ville? Il fallait penser aux contribuables!!!...La défense générale, c'était: mais alors on ne fait plus rien jusqu'en 2012 (2017?)... et de Mme Jeanine Gippa: mais la médiathèque c'est pour le "rayonnement" de Saint Jean, et de M. Merloz: pour qu'elle soit une "capitale". M. Nagi a même répondu à M. Merloz comme quoi il savait bien que ce ne serait pas la même chose qu'en 1982(?) quand tout le monde était descendu dans la rue pour Péchiney, que Rio Tinto n'était pas un groupe français, qu'avec la mondialisation... M. Nagi a tout tenté pour les convaincre qu'il n'attaquait pas le projet de médiathèque et que de toute façon ils feraient ce qu'ils voudraient. Mais que dira-t-on si cela se passe mal quand on nous demandera de rendre des comptes? Le dernier mot, ce fut de la part de M. Merloz: personne ne peut savoir, "peut-être". En gros il prend le risque (en même temps il a été souligné plusieurs fois lors du conseil, y compris par lui-même, que de toute façon il laissait bientôt sa place). Le vote du budget a eu lieu: 6 contre (l'opposition et M. Nagi), 3 abstentions (dont Mme Merlin). Mais il s'est fait dans une atmosphère très tendue. Mme Merlin a ensuite pris la parole pour rappeler qu'elle avait voté contre le projet qui pour elle n'a pas été suffisamment pensé dans une dimension intercommunale. Des disputes sur les dates, sur les votes. M. Jean-François Rousset pense que Mme Merlin n'a pas voté contre mais pour. Puis finalement si, elle a voté contre. Mme Merlin s'inquiète de la réaction de la communauté de communes qui n'a jamais été consultée alors qu'elle en a fait plusieurs fois la demande, de certains frais de fonctionnement que la commune ne pourra partager si elle les décide au niveau communal... Mme Gippa précise que la médiathèque est pour toute la vallée, pas seulement pour la communauté de communes. [Drôle d'argument quand même pour justifier que ce soit la commune seule qui décide de la médiathèque et la finance]. M. Rousset fait remarquer à Mme Merlin qu'elle est numéro 2 ou 3 de cette même communauté de communes. Elle répond qu'elle ne peut pas à elle seule parler au nom de la commune. On passe à autre chose...
La décision dite "polémique" par M. Merloz a été de chercher un 4e pour le "nouveau" service culturel, elle n'a pas provoqué de remous, seulement une opposition plus traditionnelle.
Je vous passe une brève échauffourée lors du baptême du rond-point de l'Aluminium parce que M. Nagi au nom d'employés de l'usine a fait remarquer qu'on ne voyait pas écrit en gros Péchiney et les autres noms portés anciennement par l'usine, mais seulement Alcan. On [je ne sais plus qui] lui suggère qu'on mette des plaques tout autour du rond-point pour qu'on puisse les lire en tournant autour!
Heureusement ça s'est terminé par une petite blague. M. Merloz qui passe la parole à Hervé Bottino pour exposer le plan de sauvegarde et qui dit: "Maintenant je laisse Hervé Bottino faire sa liste (sic)", ça a un peu détendu l'atmosphère...
Voilà, juste les "meilleurs" moments évidemment, j'ai même hésité à en parler sur le blog. Franchement à un moment c'était comme si Alcan était déjà parti, j'en avais la gorge nouée. Je ne comprends pas un tel aveuglement, un tel entêtement. Ne pourrait-on reconsidérer des projets si coûteux (médiathèque, salle de répétition), pas les annuler mais au moins les repenser, en fonction de la situation actuelle, quitte à verser une indemnisation à l'architecte? Le bon sens ne peut-il l'emporter sur un certain orgueil politique?
PS: Je reprends l'esprit des propos échangés mais seuls les passages entre guillemets sont effectivement repris à la lettre.

samedi, 18 août 2007

Chapitre 30 (suite): De la médiathèque...

Il devrait y avoir une réunion publique à Saint Jean pour évoquer la future médiathèque qui serait modulable et conçue comme un lieu de rencontres. C'est une bonne chose que la population saint jeannaise et mauriennaise reçoive une meilleure information et puisse encore participer au projet en formulant des propositions quant à l'utilisation du lieu. Pour ma part, je reprends la proposition que j'avais faite d'y intégrer une sorte de web-café qui permettrait aux utilisateurs d'être initiés à l'outil informatique et à internet ou d'être aidés dans leurs différents travaux (traitement de textes, photo, vidéo, création d'un blog...) et je suis heureuse de voir que cette idée, si elle est suffisamment partagée, pourra se matérialiser.

mardi, 07 août 2007

Chapitre 30: De la médiathèque, puisqu'il faut bien en parler...

J'ai promis de parler de la future médiathèque de Saint Jean-de-Maurienne, donc je le fais. Selon ce qu'indique le Magazine municipal de Saint Jean-de-Maurienne (printemps 2007) en page 9 la construction est prévue entre octobre 2007 et décembre 2008 pour un coût prévisionnel de 4 559 000€ HT.

Une de mes premières démarches, quand je suis arrivée à Saint Jean il y a dix ans, fut de me rendre à la médiathèque et de m'y inscrire, je n'ai pas renouvelé mon abonnement depuis. Il est évident que je n'y trouvais pas ce à quoi j'étais habituée à Grenoble et à Chambéry où j'empruntais toutes les semaines plus de CD et de livres que je n'en possédais. C'est une véritable maladie de dévorer les livres. Mes filles ont hérité de moi. Il faut à l'aînée de 7 ans trois BD, deux ou trois romans, un ou deux livres sur l'histoire...par semaine. Aujourd'hui, nous allons en famille à la bibliothèque une fois par semaine. Les enfants disposent de trois salles bien aménagées (dont une sert à la lecture de contes le mercredi matin et le mercredi soir) qui offrent un choix très correct et permettent l'accueil des écoles. Mais que dire de la section adulte? Il était nécessaire de proposer aux Saint Jeannais une véritable bibliothèque avec de l'argent pour augmenter ses collections, de la place pour grandir, un fond régional plus important, un fond ancien accessible, une meilleure conservation du « patrimoine ». Néanmoins je m'interroge par raport au projet en cours. Je ne parlerai pas de son architecture puisque c'est ce qu'on reproche le plus souvent à cette construction dont la première «pierre » n'est pas encore posée, ni même de son coût très élevé: 3 041 727 € HT pour la commune après la décompte des subventions de la Région, du Conseil général et de l'Etat1 (la partie « archives municipales » n'étant pas subventionnée). Il y a encore autre chose qui m'inquiète quand je consulte le résumé du projet

http://www.savoie-biblio.com/col_droite/ouvertures/ouvert...

il est question d'une nouvelle offre DVD. J'en déduis que la future médiathèque est prévue avec un ou plusieurs espaces dédiés aux CD et aux DVD, tous supports qui seront complètement dépassés dans quelques années (les lycéens ne les utilisent déjà quasiment plus) et dans lesquels en attendant on va investir. L'accès à la musique et à la vidéo se fera bientôt essentiellement par internet et de chez soi d'où la nécessité de former à l'ordinateur et à internet ceux qui n'ont pas l'habitude de les utiliser. Il est fort probable que seul le support « livre » ait encore un avenir, c'est-à-dire qu'il nous fallait non pas une médiathèque mais une bibliothèque. L'idée serait peut-être puisqu'on avait une longueur de retard de passer directement à l'étape suivante.

Puisque médiathèque il doit y avoir qu'au moins on discute du meilleur usage à en faire. Il est question à l'adresse indiquée plus haut d'un « espace multimédia », de quoi s'agira-t-il? Rien n'est dit précisément à ce sujet en page 9 du magazine: il faudrait mettre à disposition du public mauriennais des ordinateurs avec accès internet, mais aussi proposer des formations pour utiliser l'outil informatique, internet et une aide sur place pour travailler des photos, monter des vidéos, naviguer sur internet, créer des sites, des blogs3...Pas une ou deux fois par an, plusieurs jours par semaine. Cela a un coût. Ce serait sans doute un ou deux emplois supplémentaires, mais loin d'être inutiles dans une ville où il n'y a toujours pas de web-café!

C'est encore une fois un avis personnel mais je ne pense pas que l'offre documentaire « élargie à des domaines ayant une résonance particulière en Maurienne: aluminium, grand chantier, énergie hydraulique, traversée des Alpes, berceau de la maison de Savoie... » suffise. C'est une idée très intéressante à intégrer dans un projet de véritable « vitrine touristique » pour Saint Jean...

1 Vous pouvez consulter en page 11 la tribune de M. Jean-François Rousset (conseiller municipal de l'opposition) dont la position à ce sujet me semble assez raisonnable. Je ne partage pas l'enthousiasme de Mme Christine Merlin (même page). Je sais, on va encore me dire que je suis à droite... 

2 Voire d'aider à l'équipement de certains foyers.

3 N'importe quoi, vraiment?!? Je pense que ce serait un moyen intéressant de lutter contre la fracture générationnelle dans ce domaine-là.