samedi, 14 juin 2008

L'enfer, c'est les démocrates

L'association Vivons Saint Jean avait publié sur son blog un communiqué repris dans le Dauphiné Libéré puis une lettre ouverte dans La Maurienne du 22 mai 2008, demandant que soit rétablie pour les citoyens saint jeannais la possibilité d'intervenir pendant le conseil municipal, lors d'une suspension de séance ou après l'examen de l'ordre du jour.

Ce fut fait dès le dernier conseil du 26 mai 2008, puisque la parole a été rendue au public sur les points à l'ordre du jour.

Lors de la deuxième réunion de l'association qui a eu lieu hier, vendredi 13 juin, nous avons eu l'occasion de nous réjouir de ce « premier geste » en faveur de la démocratie locale. Nous attendons avec impatience la création des commissions citoyennes promises pendant la campagne.

 

Je pourrai m'arrêter là, mais ce soir on se dit tout. Lors du dernier conseil, une personne du public a coupé la parole à Mme Jeanine Gippa, conseillère de l'opposition, qui intervenait sur le point 8 de l'ordre du jour: le Service Minimum d'Accueil dans les écoles. Cette personne, à l'éducation discutable, était visiblement bien connue de M. le maire, ce qui n'a pas empêché ce dernier de la reprendre avec beaucoup de sérieux et de fermeté. C'est à cette occasion qu'il a annoncé son intention de rendre la parole au public (ce qu'il a fait à la fin de l'examen de l'ordre du jour) mais qu'il a aussi évoqué des comportements déplacés (lesquels? quand? qui?) lors du précédent conseil et qu'il a affirmé qu'en cas de nouveau dérapage de ce même public les conseils se tiendraient désormais à huis clos.

Allez savoir pourquoi je pense que ça n'aiderait pas pour sa réélection en 2014. Que ses supporters -dont cette dame faisait visiblement partie- soient prévenus qu'ils n'assistent pas à un match de foot (oups!) mais à un conseil municipal, bref qu'on leur rappelle les règles de base de la démocratie et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

samedi, 27 octobre 2007

Chapitre 59: A demain (suite)

Expérience de conseil de classe municipal. Le conseil a été très tendu avec des propos que je n'aurais jamais cru entendre en plein conseil municipal. Normalement tout se discute en commissions, le conseil est une mécanique bien huilée. Pourtant hier soir il y a eu débat et des voix discordantes au sein même de la majorité.  Alors que le vote allait porter sur différentes parties du budget de la médiathèque, M. Georges Nagi a pris la parole pour dire tout bonnement qu'il se demandait si c'était bien raisonnable d'engager de telles dépenses. Qu'en 2005 il était d'accord car tous les indicateurs chez Alcan était au vert, qu'aujourd'hui ils étaient tous au rouge, qu'il y avait les rapports d'experts, que le projet d'extension, c'était terminé, que le labo pouvait être déplacé...bref, ça a chauffé pendant au moins 45 mn, à un moment M. Roland Merloz lui a demandé s'il considérait leur conduite comme "irrresponsable" (sic). Franchement j'ai trouvé M. Nagi (que je ne connaissais pas) très convaincant quand il a exprimé ses craintes pour Alcan et ses inquiétudes face à de lourds crédits. Comment on va payer le personnel de la ville? Il fallait penser aux contribuables!!!...La défense générale, c'était: mais alors on ne fait plus rien jusqu'en 2012 (2017?)... et de Mme Jeanine Gippa: mais la médiathèque c'est pour le "rayonnement" de Saint Jean, et de M. Merloz: pour qu'elle soit une "capitale". M. Nagi a même répondu à M. Merloz comme quoi il savait bien que ce ne serait pas la même chose qu'en 1982(?) quand tout le monde était descendu dans la rue pour Péchiney, que Rio Tinto n'était pas un groupe français, qu'avec la mondialisation... M. Nagi a tout tenté pour les convaincre qu'il n'attaquait pas le projet de médiathèque et que de toute façon ils feraient ce qu'ils voudraient. Mais que dira-t-on si cela se passe mal quand on nous demandera de rendre des comptes? Le dernier mot, ce fut de la part de M. Merloz: personne ne peut savoir, "peut-être". En gros il prend le risque (en même temps il a été souligné plusieurs fois lors du conseil, y compris par lui-même, que de toute façon il laissait bientôt sa place). Le vote du budget a eu lieu: 6 contre (l'opposition et M. Nagi), 3 abstentions (dont Mme Merlin). Mais il s'est fait dans une atmosphère très tendue. Mme Merlin a ensuite pris la parole pour rappeler qu'elle avait voté contre le projet qui pour elle n'a pas été suffisamment pensé dans une dimension intercommunale. Des disputes sur les dates, sur les votes. M. Jean-François Rousset pense que Mme Merlin n'a pas voté contre mais pour. Puis finalement si, elle a voté contre. Mme Merlin s'inquiète de la réaction de la communauté de communes qui n'a jamais été consultée alors qu'elle en a fait plusieurs fois la demande, de certains frais de fonctionnement que la commune ne pourra partager si elle les décide au niveau communal... Mme Gippa précise que la médiathèque est pour toute la vallée, pas seulement pour la communauté de communes. [Drôle d'argument quand même pour justifier que ce soit la commune seule qui décide de la médiathèque et la finance]. M. Rousset fait remarquer à Mme Merlin qu'elle est numéro 2 ou 3 de cette même communauté de communes. Elle répond qu'elle ne peut pas à elle seule parler au nom de la commune. On passe à autre chose...
La décision dite "polémique" par M. Merloz a été de chercher un 4e pour le "nouveau" service culturel, elle n'a pas provoqué de remous, seulement une opposition plus traditionnelle.
Je vous passe une brève échauffourée lors du baptême du rond-point de l'Aluminium parce que M. Nagi au nom d'employés de l'usine a fait remarquer qu'on ne voyait pas écrit en gros Péchiney et les autres noms portés anciennement par l'usine, mais seulement Alcan. On [je ne sais plus qui] lui suggère qu'on mette des plaques tout autour du rond-point pour qu'on puisse les lire en tournant autour!
Heureusement ça s'est terminé par une petite blague. M. Merloz qui passe la parole à Hervé Bottino pour exposer le plan de sauvegarde et qui dit: "Maintenant je laisse Hervé Bottino faire sa liste (sic)", ça a un peu détendu l'atmosphère...
Voilà, juste les "meilleurs" moments évidemment, j'ai même hésité à en parler sur le blog. Franchement à un moment c'était comme si Alcan était déjà parti, j'en avais la gorge nouée. Je ne comprends pas un tel aveuglement, un tel entêtement. Ne pourrait-on reconsidérer des projets si coûteux (médiathèque, salle de répétition), pas les annuler mais au moins les repenser, en fonction de la situation actuelle, quitte à verser une indemnisation à l'architecte? Le bon sens ne peut-il l'emporter sur un certain orgueil politique?
PS: Je reprends l'esprit des propos échangés mais seuls les passages entre guillemets sont effectivement repris à la lettre.