mercredi, 19 septembre 2007
Chapitre 44: Ex-centricité (suite)
Je l'écrivais à l'instant dans un commentaire. Le terme "centre" semble dépassé au point que certains ont inventé l'extrême centre. L'expression pourrait flatter, ça a un côté révolutionnaire, c'est mieux que de se faire encore traiter de "mous" (pour rester polie) mais elle ne me plaît pas beaucoup et pour cause. D'abord, parce que (et il n'y a aucune ambiguïté à ce sujet) nous n'avons au Mouvement démocrate aucune valeur en commun avec les extrémismes de gauche comme de droite. Parmi les MoDems, certains ont pu voter LCR ou FN par dégoût de la politique telle qu'elle se faisait, sans en partager sérieusement les idéologies. L'expression "extrême centre" ne me plaît pas non plus pour une autre raison, parce que le Mouvement démocrate n'a rien à voir avec une radicalisation du centre. La fierté d'avoir ses propres valeurs, de répondre aux attentes de nombreux citoyens ne signifie pas une radicalisation des idées. Ce n'est que l'adaptation du centre à un autre monde, une nouvelle société. Elle signifie à côté des anciennes idées de nouvelles idées en politique de transparence, de liberté et de tolérance. La transparence. Bien sûr, tous les politiques n'ont pas toujours pratiqué la langue de bois. Mais on va dire que c'était, que c'est encore courant. La liberté, ses avantages et ses inconvénients. Bien sûr, il y a toujours eu des dissidents. Mais aujourd'hui difficile de parler stratégie nationale ou même départementale. C'est à chacun de voir et de se débrouiller. La tolérance. Bien sûr, dans les faits, on avait déjà vu des personnes de sensibilité différentes travailler ensemble de manière profitable. Mais on s'en étonnait presque, aujourd'hui on pense que c'est nécessaire et que c'est une richesse pour tous. S'il y a "révolution" orange, le terme "évolution" serait plus juste, c'est parce que ces idées encore nouvelles peuvent séduire au-delà du centre et créer de nouvelles affinités, de nouveaux repères.
Aujourd'hui, j'ai failli faire dans mon journal, ce que je n'ai encore jamais fait, une référence directe à "l'actualité": cette histoire de courriel de l'inspection académique du Haut-Rhin http://fr.news.yahoo.com/afp/20070919/tfr-education-immig... Je ne sais pas vous, mais moi, après l'histoire des tests ADN, ça m'a fait tout drôle.
17:59 Ecrit par Florence Arnoux Le Bras dans Journal d'une bayrouiste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : politique, Mouvement démocrate, MoDem, centre, extrémisme |
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lundi, 17 septembre 2007
Chapitre 44: Ex-centricité
Samedi matin, je disais à ma cadette d'arrêter ses «excentricités ». Tous les matins avant qu'on ne parte ensemble pour l'école, je prends le soin de dire à mes enfants d'être sages et de bien travailler. C'est une sorte de rituel, pourtant avant-hier j'ai innové dans le vocabulaire. Bien que j'essaie en général de soigner mon langage de maman, un autre jour disons-le, c'est un autre mot, moins présentable, qui serait sorti. Certes, « Miss MoDem » (c'est un de ses surnoms depuis qu'elle a figuré sur une photo avec Patrick Mignola en bonne place sur son « poster » de campagne) n'est pas toujours commode. Mais pourquoi parler d'« excentricités »? c'était un lapsus, sans en être un, ça avait de quoi m'intriguer. Pas besoin d'ouvrir le dictionnaire. L'excentricité, c'est une manière d'être qui s'éloigne du centre.
Ne me demandez pas comment, déformation politique sans doute, mais au cours de la matinée j'en étais venue à me dire que le MoDem s'éloignait du centre parce que pour une question de simple logique, si pour nous, MoDems, il n'y avait pas de gauche et de droite, il ne pouvait pas non plus y avoir de centre. Et à midi j'exposais cette toute nouvelle théorie politique à mon mari, sans lui dire évidemment d'où me venait cette « illumination » subite. Il résuma les choses de la façon suivante: bien sûr, le centre n'était pas au centre, parfois je lui faisais peur avec des raisonnements pareils. Mais hier matin, on écoutait François Bayrou sur LCP pour son discours de rentrée en direct de Seignosse, et stupeur, du moins pour moi, quand je l'ai entendu dire à peu près ce que j'avais dit la veille. Je n'ai pas noté tout le passage mais ça finissait comme ça: « Dire centre, c'est se définir par rapport à la droite et la gauche, nous, nous sommes démocrates ». Remarquez l'idée circulait peut-être depuis longtemps et j'étais passée à côté. Du coup, je me l'étais appropriée.
Alors, je vous le dis, même si c'est encore ultra secret, samedi soir, j'ai aussi soutenu qu'à mon avis le Mouvement démocrate était au moins aussi républicain que démocrate (sans allusion à la politique US). Bon, il faudra que je m'explique et que je le fasse vite avant que M. Bayrou ne me souffle cette idée-là aussi.
En attendant, avant que le MoDem ne s'éloigne du centre complètement et définitivement et n'incarne une vision moins spatiale (devrai-je dire moins politisée?) de la politique, il est urgent de faire l'inventaire de ce que le Mouvement démocrate hérite du centre car ce n'est jamais un bien de renier ses racines.
11:05 Ecrit par Florence Arnoux Le Bras dans Journal d'une bayrouiste | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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lundi, 18 juin 2007
Chapitre 7 (suite): La droite, la gauche et moi
Beaucoup d'électeurs centristes ont choisi hier de voter pour le candidat ou la candidate du PS dans un souci d'équilibre que je comprends. Mais je ne peux pas me réjouir d'une non-défaite à gauche (comme je l'appelais hier soir) qui retardera presque immanquablement une prise de conscience pourtant nécessaire: l'on ne peut pas s'entendre dans la division, ni vivre dans le passé. Entre querelles des chefs au PS et alliance contre nature des Verts avec les Communistes, on est repartis pour cinq ans de silence presque total ou d'opposition stérile (un peu comme mon fils de dix-huit mois en ce moment qui ne sait dire que « non » même quand c'est « oui »). Certaines idées de gauche ont de l'avenir et méritent de se faire entendre, d'autres pas: il faudrait sans doute faire le tri. Je crains, toujours traumatisée par le référendum sur la constitution européenne, qu'encore une fois cela se fasse autour d'intérêts personnels et non autour d'idées et de projets.
« Qui bene amat bene castigat »1, je « viens de la gauche » enfin si l'on veut: c'est vrai, j'ai voté pour Lionel Jospin en 1995 parce que je ne pensais pas que Jacques Chirac ferait un bon président. J'espérais qu'en 2002, le PS choisirait un autre candidat, j'ai voté pour Jospin sans enthousiasme et sans y croire. J'avais espéré qu'en véritable homme d'Etat il laisserait sa place à un Fabius (qui n'était pas encore à gauche de la gauche) ou à un Strauss-Kahn. Non, je n'ai pas de passé « trotskyste », quoique: un jour il faudra que je vous raconte comment lors de la campagne présidentielle de 1995 j'ai atterri à un meeting d'Arlette Laguillier en compagnie d'un ami gaulliste... J'ai été syndiquée un an au SNES, pas pour préparer une mutation, comme le font beaucoup de jeunes profs, mais parce que, légèrement utopiste sur les bords, je croyai en la nécessité d'échanger des idées et de représenter les profs, tous les profs, sans oublier l'intérêt général des élèves, parents d'élèves...Je n'y ai pas trouvé le dialogue que je cherchais. Il me semble évidemment nécessaire pour réformer l'enseignement, comme le souhaite François Bayrou, de prendre les syndicats enseignants comme partenaires mais il ne faudrait pas non plus surestimer leur représentativité.
J'ai rompu définitivement avec le PS (auquel je n'ai jamais adhéré) au moment du référendum sur la constitution européenne. Je suis, comme on dit, une européenne convaincue et je n'ai pas compris qu'on puisse marchander ses idées contre une position sensément à la corde pour les élections présidentielles, je n'ai pas compris qu'on puisse préférer dire « non » à Chirac plutôt que réfléchir en termes d'intérêt du pays. Se retrouver les derniers quand on a été les premiers. Je sais bien qu'un précepte de l'évangile nous y invite mais bon, cela n'a jamais été ma tasse de thé. Il n'y avait rien de si terrible, ni de si inacceptable dans cette constitution que cela justifiât de tels désaccords au sein d'un même parti et une telle division au sein des Français.
Je me rappelle au lycée en classe de Terminale avoir soutenu contre mon prof par bravade que, oui, l'on pouvait faire le bonheur des autres même contre leur volonté. Si je l'ai jamais pensé sérieusement, en tout cas je ne le pense plus, je pense que chacun doit faire un bout du chemin et ne pas tout attendre, en particulier de l'Etat. « Aide-toi et le ciel t'aidera »2. C'est sans doute cela ma rupture philosophique avec la gauche. Je commençais à penser que j'étais peut-être de droite: je ne suis pas opposée à toute privatisation des entreprises publiques bien au contraire3, je pense que l'Etat assistance c'est terminé, j'ai voté Chirac au deuxième tour des élections en 2002 sans état d'âme. Je me suis peut-être embourgeoisée: une belle maison, une grande famille, une employée à domicile pour m'aider pour le ménage, le repassage... Pourtant, mes idées sur la transmission du patrimoine ne sont pas de droite, pour mes amis qui votent à droite je paraissais toujours de gauche. Il m'a fallu des années pour comprendre que je n'étais ni de gauche, ni de droite, un vilain petit canard en somme, avide de trouver d'autres vilains petits canards. Si j'ai une chose à reprocher à Patrick Mignola, président de l'UDF Savoie, c'est de m'avoir à notre première rencontre cataloguée comme « venant de la gauche », en ayant seulement entendu mon mari dire que dans sa famille (pour dire la vérité une moitié de sa famille) on vote PS, certes il est prof, je suis prof, nous sommes profs...mais tous les profs (et fonctionnaires en général) ne sont pas de gauche et tous les entrepreneurs ne sont pas de droite, certains ont refusé et refusent toujours le clivage et l'appartenance qui leur est presque imposée, comme allant de soi. Maintenant, je le sais, je l'assume, je suis du centre et je souffre de le voir dans l'état où il est, je suis du centre, même pas du centre gauche, d'un centre indépendant, existant en lui-même en dehors de la gauche comme de la droite et défendant ses idées.
1« Qui aime bien châtie bien »
2 Je promets d'arrêter les citations, au moins pour aujourd'hui. C'est aussi dans l'évangile, non?
3 La privatisation d'EDF est une erreur que la Savoie, la Maurienne en particulier risquent de payer très cher car de la négociation du kwh (kilowattheure) dépend le maintien de certaines industries comme celle de l'aluminium (l'entreprise Alcan à Saint Jean-de-Maurienne).
17:40 Ecrit par Florence Arnoux Le Bras dans Journal d'une bayrouiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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