lundi, 21 avril 2008

Alcan-Rio Tinto I

Jusque là on nous garantissait que le consortium Exeltium allait régler les problèmes énergétiques de l'usine Alcan-Rio Tinto de Saint Jean de Maurienne.
Or, aujourd'hui, alors qu'il en va de l'avenir des salariés et même de l'avenir d'une ville, il semble que la survie de l'usine après 2012 (ou 2015), date de la fin de son contrat avec EDF, soit menacée.

Au conseil municipal du 3 avril 2008, M. Charvoz dit ses inquiétudes par rapport au sort de l'usine et, secondé par M. G. Nagi, "jette de l'huile sur le feu". En effet, il énumère un certain nombre de "constatations": 

- On annonce une réduction des effectifs prévue pour l'automne (intérimaires non reconduits...)

- Le groupe Alcan prend toujours la décision de fermer une usine quatre ans avant la fermeture effective (2008 pour 2012)

- L'attitude d'Alcan-Rio Tinto est très négative. Le groupe ne s'est pas bien comporté dans le cadre du consortium Exeltium et n'a pas obtenu l'énergie nécessaire pour Saint Jean à un prix garantissant la rentabilité de l'usine. Ils n'ont pensé qu'« à porter plainte contre EDF » (Alcan-Rio Tinto est en procès avec EDF pour obtenir une prolongation de son contrat énergétique jusqu'en 2015).

- Ils ont prévu de construire en Algérie une usine aux capacités bien supérieures.

- Alcan-Rio Tinto va vouloir fermer l'usine, sans chercher à la vendre: « Les craintes que j'avais se vérifient. On nous fait le coup d'Arcelor-Mittal. Je serai d'autant plus dur avec le groupe que j'avais demandé à son président une entrevue, il ne m'a jamais répondu. Il faut de la transparence » (citation de M. Charvoz dans le DLdu 5 avril 2008)

Tout ceci ne peut manquer d'entretenir l'agitation sociale à l'intérieur de l'usine- et ça ne va pas aller en s'arrangeant dans les semaines qui viennent.

Dans le même temps, M. Charvoz assure qu'il a les choses en mains: « L'affaire est suivie par l'Elysée, Matignon, le ton va se durcir... » et qu'il y a une «alternative» : le rachat par des investisseurs privés. Or justement M. Charvoz évoque des repreneurs potentiels qui se seraient manifestés récemment. Mme Jeanine Gippa, membre de l'ancienne majorité municipale, précise qu'il y a déjà eu une offre de faite il y a deux ans. M. Charvoz dit que c'est impossible, c'est tout nouveau. Qui croire?

M. le maire de Saint Jean de Maurienne a l'air sûr de son fait. Mais il est utile sans doute de poser certaines questions:

Que penser de ce projet de reprise alors que le groupe Alcan-Rio Tinto ne souhaitait pas vendre l'usine il y a deux ans et qu'il a largement communiqué sur le rôle central de l'usine de Saint Jean dans le pôle Rhône-Alpes pour la recherche?

Qui sont les repreneurs potentiels?

Quelles garanties aurait-on que ces repreneurs proposent une alternative durable pour l'usine?

Je retranscrirai demain sur ce blog le courrier adressé à M. Michel Bouvard, député de Maurienne et président de la Commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations.

vendredi, 17 août 2007

Chapitre 34: Du verbe "employer" au futur

Dans un monde parfait, le chantier du Lyon-Turin serait à nos portes, l'industrie de l'aluminium à Saint Jean serait à l'abri de la mondialisation...Je ne suis pas plus économiste (quoique je bénificie d'un peu d'aide de ce côté-là) qu'urbaniste ou responsable d'une association d'animation culturelle. Mais, comme beaucoup de Saint Jeannais et de Mauriennais, je m'inquiète pour l'emploi dans les années à venir. Là, lecteur, tu t'attends à ce que je propose de couvrir la ville de « maisons de retraite », c'est bien moi qui ai écrit dans le chapitre 32 que s'il ne tenait qu'à moi, je transformerais l'ancien lycée Louis Armand en accueil pour personnes semi-dépendantes. Je ne reprendrai pas à mon compte la phrase que j'ai entendue à la radio: « La vieillesse, c'est l'avenir » mais les maisons de retraite, pourquoi pas si cela permet de conjuguer prise en compte du vieillissement de la population et emploi? Il faudrait multiplier les secteurs d'activités, il est clair que le tourisme ne suffira pas, d'autant plus qu'on ne change pas l'image d'une ville en un clin d'oeil et qu'actuellement notre commune n'est pas franchement décidée à être touristique. On note quelques efforts: le site de l'Office du tourisme1 pour donner un exemple. Mais les commerçants se plaignent qu'en hiver on décourage les touristes de passer en centre ville...Après tout, cela peut se comprendre: si Saint Jean devait devenir un pôle touristique, cela modifierait sans doute la vie de la commune, mais avant qu'on ne connaisse la situation de certaines communes du bord de mer...C'est sûr. Il y aurait du monde dans les rues, sur les parkings2, dans les restaurants, des manèges (!), des chambres d'hôtes (?) et un peu plus d'animation en soirée été comme hiver. S'il y a incertitude, qu'on consulte les habitants à ce sujet: voulons-nous ou non des touristes à Saint Jean-de-Maurienne? Parce que c'est une de nos priorités à l'UDF-Modem: replacer le citoyen au centre des décisions et parce que plus profondément la réussite touristique d'une ville ne dépend pas uniquement de sa municipalité mais aussi de ses habitants.

Ce que j'écris dans mon blog n'est pas toujours simple à mettre en oeuvre, il y a toujours des obstacles, encore une fois j'en suis bien consciente et ce serait le comble que je passe pour une sorte d'utopiste. Evidemment dans un monde « parfait », il n'y aurait rien à penser, rien à faire...mais les choses étant ce qu'elles sont, je préfèrerais que Saint Jean conjugue le verbe « employer » au futur plutôt qu'au conditionnel.

 

1Attention à la concurrence de ma catégorie « Saint Jean-de-Maurienne »

2Une nécessité de repenser le stationnement aux abords du centre ville, de créer une zone piétonne?