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mercredi, 21 mai 2008

Chapitre 112: Qui peut le plus peut le moins

Il y a une heure mon mari reçoit un appel de la crèche « La Ribambelle ». C' est notre principal mode de garde d'enfants depuis presque huit ans. A 300 mètres de la maison, c'est pratique. Nous en sommes très satisfaits si ce n'est qu'il faut réserver plus d'un mois à l'avance les créneaux horaires que l'on souhaite.
En effet, les deux plus jeunes de mes fils de deux et demi et neuf mois ne sont pas en accueil permanent parce que nous avons peu de besoin en termes d'heures.
Le jeudi mon mari et moi avons cours au lycée en même temps le matin et l'après-midi (il n'y a que la semaine dernière où je n'avais pas cours, parce que cette semaine-là je faisais passer des oraux blancs et je les avais déplacé au mardi et au vendredi...). Enfin, bref, sans crèche (ou sans solution de débrouille) l'un de nous deux ne peut pas aller travailler.
Or l'appel de la crèche c'était pour nous prévenir que, deux dames de la crèche étant en grève, seuls les accueils permanents seraient accueillis demain à la crèche. Ce matin la responsable avait évoqué le problème des deux personnes manquantes mais ne savait pas ce qu'il en serait de l'accueil, elle n'avait pas de réponse de la marie. Mais à 16 heures la mairie venait d'appeler. En gros on se débrouillait avec nos enfants.
C'est pour demain 9 heures. Qu'est qu'on fait? « Allô, maman? ». Si vous avez suivi les précédents épisodes, mes parents habitent Chignin (à une cinquantaine de kilomètres), pas loin des Marches pour les connaisseurs :-) et sont (heureusement) à la retraite.
Et les autres enfants et parents concernés?
D'un côté, on invite les parents à exprimer des besoins d'accueil pour leurs enfants scolarisés en prévision d'une grève. Pour jeudi dernier c'était des papiers distribués par des personnels qui en théorie avaient autre chose à faire. Comme le 15 mai ce n'était pas un franc succès, pour ce jeudi 22 mai un courrier incitatif adressé à tous les parents, au cas où ils n'auraient pas compris la première fois! Surtout ne regardons pas à la dépense, c'est pour rendre service.
De l'autre, pour les parents d'enfants accueillis à la crèche, c'est vraiment le « service minimum ». Forcément il n'y a rien dans le kit UMP à ce sujet.

lundi, 19 mai 2008

Chapitre 111: C'est purement idéologique, ne vous inquiétez pas! (suite)

Je le fais de temps en temps: reprendre un commentaire laissé par un de mes lecteurs. C'est le cas aujourd'hui pour le commentaire de Gilles à propos du chapitre 111. Je le publie accompagné d'une réponse assez longue. Parce que j'y parle entre autres éducation, éducation nationale. Quand j'ai créé ce blog, je pensais que ce serait un de mes sujets favoris. Trop sensible? Trop douloureux pour ceux qui le vivent de l'intérieur?

Bonjour, Quelles propositions proposez vous face à ces attaques incessantes du service public ? La grève est le seul moyen de pression que nous ayons droit encore, je ne suis pas prof et j'étais dans la rue et fier d'y être. Par contre je n'ai pas vu beaucoup de profs, peut être qu'ils pensent qu'ils ne seront pas touchés par les suppressions ou la loi sur la mobilité, pourtant la science infuse est un art que votre profession possède !! Je ne vais pas manifester dans la rue par plaisir, simplement car j'ai peur pour mon avenir et celui de nos enfants, un jour de salaire en moins je m'en passerai, mais tant que les Français auront encore de quoi se payer des vacances ils ne bougeront pas, mais attention quand il n'y aura plus de pognon, j'ai peur que la violence prenne le dessus. Bravo les Lycéens.

Bonjour Gilles, je suis désolée que la grève ne mobilise pas suivant vos espérances. Mais il y a toutes sortes de grèves, certaines sont particulièrement justes et ont toute ma considération et mon soutien. Celle-ci est une grève politique (par laquelle on tente d'obtenir dans la rue ce qu'on n'a pas obtenu dans les urnes) et je pourrai vous faire une réponse politique.

Qu'a fait la gauche au pouvoir pour l'Education nationale? N'était-il pas question à une époque de « dégraisser le mammouth »?

Si vous avez lu ce blog, vous savez que je n'apprécie pas Nicolas Sarkozy, pas plus que les grévistes ne l'apprécient en tout cas, mais ce que je ne trouve pas tolérable, ce sont ses méthodes et je ne les trouve pas plus tolérables chez d'autres. Tout mélanger, tout rendre idéologique, enfreindre les règles communes quand ça arrange, cela m'est insupportable. Donc tant que je saurai de manière sûre que des tracts portant des logos PS et PCF sont faits sur les photocopieuses du lycée et donnés à des élèves pour qu'ils les distribuent, je ne risque pas de me joindre à cette grève.

Je suis déterminée à lutter contre tous les privilèges quels qu'ils soient (voir chapitre 8du Journal) et je ne suis pas opposée à la modernisation des services publics, y compris à leur privatisation si cela doit permettre à l'Etat de se recentrer sur ses missions premières dont la justice, la santé et l'éducation. L'Education nationale n'est pas la poste, ni la SNCF. Donc pour moi la défense des services publics ça ne veut pas dire grand chose.

Que les collègues touchés par les suppressions d'heures et de postes aient souhaité réagir, je le comprends et je me suis montrée solidaire à ma façon. Mais mon combat à moi, dans ce cas, ce sont les options, en particulier la survie des langues anciennes et j'essaierai de faire comprendre à quel point ce combat n'est pas personnel.

Parce qu'il pose une question essentielle: que doit être pour nous l'éducation? Quelle place lui donnons-nous dans la société? Voulons-nous aller vers une éducation purement utilitaire? Pensons-nous que tout ce qui ne sert pas directement à avoir un métier ne sert à rien? C'est une rupture sans doute décisive avec des siècles d'histoire.

Il y a des réformes à venir, dont on ne dit rien ou presque aux citoyens: la refonte des filières (générales?), la marche vers une plus grande autonomie des établissements, la fin des concours nationaux de recrutement. Pourtant c'est là que se situent les vraies questions de l'école républicaine.

Si les profs souffrent aujourd'hui, c'est parce qu'ils ne savent plus ce qu'est leur métier, ce qu'est leur place dans la société. Ils sont en première ligne d'une évolution, sans doute nécessaire, mais qui se fait sans aucune concertation avec les intervenants scolaires et dans l'ombre loin du regard des Français.

Pour la conclusion je suis d'accord avec vous: la situation de blocage politique dans laquelle on se trouve, l'absence de démocratie réelle, le mépris dans lequel on tient les citoyens, combinés à des difficultés économiques et sociales comportent des risques évidents d'explosion et l'on sent bien que (depuis des années) ces risques ne cessent de croître.

Personnellement je n'appelle pas à la Révolution (et certains qui en agitent le spectre seraient bien embarrassés si elle se produisait), je pense qu'il y a des réformes importantes à faire, des réformes politiques (dans le sens où elles concernent notre projet commun, notre vivre ensemble) mais elles réclament qu'on sorte de l'idéologie, que l'on accepte de débattre, d'évoquer les vrais enjeux et de laisser le peuple juger.

 

 

samedi, 17 mai 2008

Non au cumul de mandats électifs en interne

Si pour changer la politique nous souhaitons une loi qui interdise le cumul de mandats électifs et qui limite à une fois le renouvellement d'un même mandat

c'est parce que nous pensons:

  1. qu'on peut vivre sans être élu

  2. que la politique n'est pas un métier, ni un outil pour servir des ambitions personnelles

  3. que le pouvoir doit être partagé aussi largement que possible et non concentré dans les mains d'un petit nombre

C'est pour cela que nous nous sommes engagés au Mouvement démocrate.

Aujourd'hui, alors que nos élections internes approchent, alors que nous finissons de rédiger nos règlements intérieurs départementaux, ne serait-il pas possible de faire que ces derniers interdisent le cumul de mandats électifs en interne et limitent à une fois le renouvellement d'un même mandat?

Parce que ce serait un gage important de démocratie interne.

En tout cas c'est un combat que nous mènerons en Savoie.

Peut-être aurait-on pu parler de ceci avant, avant que l'on ait un règlement interne national. Sans doute mais beaucoup d'entre nous ignoraient au fond ce qu'était un RI et ce que serait le RIN.

Ajoutons à cela une certaine fâcheuse habitude à espérer que d'autres feront le boulot...Maintenant il est plus que temps de s'y mettre.

Si vous partagez l'idée que l'interdiction de cumul des mandats électifs en interne serait une première pierre, en tout cas marquerait la différence de notre Mouvement, vous pouvez nous rejoindre sur Facebook

Si vous êtes adhérent(e) du Mouvement démocrate Savoie et que vous souhaitez vous associer à cette démarche, merci de me contacter à l'adresse suivante: arnouxlebras@gmail.com

Pour éviter toute ambiguïté possible: un (et un seul) mandat électif républicain et un (et un seul) mandat électif interne sont bien évidemment parfaitement compatibles.

  

jeudi, 15 mai 2008

Chapitre 111: C'est purement idéologique, ne vous inquiétez pas!

Aujourd'hui, je n'avais pas de cours mais, si cela avait été le cas, je n'aurais pas fait grève. Je suis professeur depuis plus de dix ans maintenant. Et je sais que l'éducation nationale a besoin de beaucoup de choses mais sûrement pas d'un nouvel affrontement idéologique.
Au moment des annonces de suppression d'heures et de postes, j'étais en congé de maternité. C'est de l'extérieur ou presque que j'ai vécu les premiers événements. Mais déjà certains faits me gênaient, en particulier la façon dont la grogne s'est « transmise » des profs aux élèves.
Autant on peut légitimement être remontés contre des décisions prises en aveugle, sans aucune concertation, s'inquiéter des contre-vérités accumulées dans son discours par Nicolas Sarkozy (je reviendrai sur les propos tenus lors de son intervention télévisée) et s'interroger sur la politique menée en matière d'éducation, autant on peut douter que la solution se trouve dans une instrumentalisation des lycéens et une idéologisation du débat.
Sur le tract commun aux élèves et aux profs, distribué à la sortie du lycée et appelant à manifester ce matin à 10H à Saint Jean-de-Maurienne figuraient une douzaine de logos, syndicats, PS et PCF (et pourquoi pas la LCR?). On pouvait lire sur des affichettes placardées dans le lycée: « Non à la fin des classes moyennes » et voir sur une banderole devant le lycée un appel à la préservation du service public.
Ce n'est pas en mélangeant tout et en agissant sans mesure que nous ferons que soient expliqués aux citoyens les vrais enjeux et posées les vraies questions d'une école républicaine.

Heureusement ça ne fait pas que des mécontents! Ça fait plaisir aussi à l'UMP (où pour M. Darcos la grève est « socialiste ») puisque c'est l'occasion d'appliquer le fameux service minimum.
Dans notre commune de Saint Jean de Maurienne qui n'a pas encore signé de convention avec l'Etat, c'était un premier essai avec un accueil dans deux maternelles sur trois (les ATSEM étant en grève dans la troisième): on fait travailler ceux qui travaillent. Rien n'était prévu pour les primaires, où il n'y a pas d'ATSEM.
J'en entends déjà certains dire: c'est normal, Saint Jean de Maurienne est désormais une commune UMP et avec un maire sarkozyste, le service minimum c'était couru d'avance. Oui et non. La commune de La Motte-Servolex qui, comme nous, a désormais un maire UMP a déjà passé une convention avec l'Etat et, alors qu'en janvier dernier la mairie de gauche l'avait refusé, le service minimum dans les écoles y est désormais appliqué.
Pas chez nous. Je formulerai deux hypothèses:
1)c'est un bordel innommable à la mairie et M. Charvoz a eu d'autres chats à fouetter
2)c'est un signe de modération et une volonté d'évaluer avant tout le service qu'on peut rendre aux citoyens (et non une quelconque idée, envie de briser la grève, une décision purement idéologique)
Bien sûr, certains précédents nous poussent à pencher en faveur de la première hypothèse: le refus de laisser le moindre siège à la communauté de communes à l'opposition, le refus unanime de la majorité municipale que la commune de Saint Jean rejoigne le collectif de soutien à notre tribunal d'instance de Saint Jean et le récent changement de nom de l'ancienne association d'opposition « Saint Jean autrement » en « Ensemble pour Saint Jean », autant dire: « Bienvenue chez les UMP ».
Mais le doute est permis et l'espoir fait vivre.

lundi, 12 mai 2008

"Réussir le MoDem"

Au MoDem Savoie nous avions une réunion le 29 avril pour discuter du Réglement intérieur, pour ce qui est du national ce fut vite expédié puisqu'une proposition devait être formulée le 3 mai puis discutée le 8 mai avant d'être examinée par le Conseil national le 14. Pouvait-il en être autrement?
Nous nous sommes donc surtout penchés sur l'organisation départementale, sans savoir précisément s'il y aurait une marge de liberté en la matière, ni ce qu'elle serait le cas échéant. Ce qui est ressorti des débats: le souci d'instaurer une « police » pour les Modems déviants, la volonté en fonction des participants de donner plus ou moins d'importance aux territoires, plus ou moins de poids au Conseil départemental (assemblée), plus ou moins de collégialité à la présidence, de choisir des « dirigeants » plus ou moins selon des compétences. Toutes questions d'une importance capitale mais qui, pour moi qui n'ai jamais appartenu à un parti, sont quelque peu exotiques.

Comme tous, j'ai mes idées en matière d'organisation de notre Mouvement, elles n'ont pas varié depuis ce que j'écrivais en juillet dernier. Mais ce n'est à mes yeux pas suffisant pour avoir un avis définitif et tranché sur tout. Et j'ai apprécié cette possibilité d'en débattre relativement sereinement.
Il est évident que ces questions d'organisation sont extrêmement sensibles. Je ne veux pas parler des appétits que localement elles ne manquent pas de révéler. Je pense aux attentes que le Règlement intérieur n'a pas manqué de susciter, que la version proposée par le siège n'a pas satisfaites, que Bayrou semble avoir ignorées le 8 mai, ne se comportant pas encore une fois comme le chef démocrate dont certains rêvaient...

Alors, ce ne sont que des impressions mais:
1)il faudra un jour ou l'autre qu'on se demande ce qu'est un « chef démocrate ». Je ne crois pas qu'on pourra éternellement faire l'économie de cette question. En juillet, j'écrivais: « Je ne crois pas aux « chefs », je pense que certains à certains moments vont être plus capables que d'autres de représenter nos idées et d'être nos élus mais que ce ne sera pas forcément toujours les mêmes et c'est une bonne chose ». Mais être démocrate ce n'est pas être anarchiste. Je parlerai de responsables, plutôt que de chefs, de dirigeants, de présidents ou de vice-présidents. Mais peu importe leur nom tant qu'ils restent conscients que le « pouvoir » qu'ils exercent n'est pas le leur, qu'ils n'en sont que les dépositaires.
Je pensais en 2007 que François Bayrou ferait un bon président pour notre pays, (entre autres parce qu'il a au plus haut point cette conscience) je n'ai pas changé d'avis. Je persiste donc à croire qu'il est un président « acceptable » :-) pour notre Mouvement.

2)le plus important pour chacun est de « réussir le MoDem ». Je partage l'idée que le MoDem est un laboratoire de refonte politique, le moteur possible de réformes. Pourquoi le veut-on à ce point exemplaire? Peut-être parce qu'il y a derrière une envie que le MoDem fonctionne comme l'on voudrait que l'Etat fonctionne, que le MoDem soit la démocratie que la France n'est pas.
Mais il existe une chose qu'on ne doit pas perdre de vue. Le Règlement intérieur ne changera rien à la vie de nos concitoyens et le MoDem, s'il n'est plus un Mouvement, non plus. « Le MoDem ne doit pas fonctionner comme une pyramide, il y a déjà trop de pyramides qui éloignent les élus du peuple, il doit être comme une maison ouverte sur la rue. Car il y a des moments où nous sommes heureux d'être entre nous, mais cela ne doit pas nous couper du monde et de nos concitoyens. »

3)le MoDem doit se construire sur quelques principes: la représentativité des responsables (parité, territoires), le partage du « pouvoir » (un seul mandat interne, renouvable une seule fois...) et la participation du plus grand nombre (au niveau départemental le véritable pouvoir de décision ne doit pas appartenir à une présidence mais au conseil...).
C'est difficile de le « réussir » parce que tout ceci est très éloigné de ce qui prévaut dans l'organisation des partis actuels, c'est difficile parce que c'est à inventer. C'est un peu comme une recette: il n'y a pas que les ingrédients, il y a aussi la mesure de chaque ingrédient, la température et la durée de cuisson et il y a cette part d'inconnu (cette part d'angoisse) de savoir si le gâteau lèvera ou non. Surtout parce que nous avons tous la certitude que ce n'est pas le moment de le rater, que c'est le moment de le faire partager.

lundi, 05 mai 2008

Chapitre 110: Alcan-Rio Tinto, encore et toujours

Au dernier conseil municipal (lundi 28 avril) M. le maire a affirmé que c'était par souci de transparence qu'il avait livré au conseil, à la presse, aux citoyens sa « conviction personnelle », selon laquelle le groupe Alcan-Rio Tinto avait programmé la fermeture du site de Saint Jean de Maurienne à l'horizon 2012. Je salue cette volonté de transparence.

Il a évoqué par ailleurs la question posée par M. Jean-Pierre Vial, la proposition d'achat et son rejet par le groupe et rappelé certaines rencontres avec les syndicats (CGT) sans parler toutefois de la réuunion qu'il avait eue le matin même avec représentants de la CGT et...du projet de reprise. Défaut de mémoire?

Voici en vrac quelques propos tenus par notre premier magistrat: «La direction locale a perdu toute crédibilité », « on se fiche des élus... et des salariés ». En faisant miroiter un projet d'extension, le groupe nous avait tous fait « cocus ». Et le mot de la fin: il fallait un investissement pour doubler la capacité de production de l'usine, parce que « cocus une fois ça va, cocus deux fois y a mieux ».

Petite concession au milieu de tout cela: il ne fallait pas « focaliser sur un repreneur ». Mais on est assez loin du souhait de dialogue exprimé par M. Yves Durbet, président de la communauté de communes.

Quelles peuvent être les conséquences de jeter de l'huile sur le feu? ça peut provoquer une situation de démobilisation, voire de découragement? faire s'effondrer les prix de l'immobilier? faire baisser le prix de l'usine pour d'éventuels repreneurs? Ou rebuter les repreneurs, même les plus volontaires, s'ils pensent que la situation n'est pas suffisamment « sous contrôle »?
Rien de très constructif en tout cas.

Je ne suis pas loin de partager le point de vue de M. Philippe Rollet, membre de l'opposition, qui pense que c'est tout autre chose qu'on attend d'un maire.

Aujourd'hui, tout dépend du gouvernement. Tant qu'il n'aura pas accordé au groupe Alcan-Rio Tinto l'autorisation de vendre sa division packaging et transformation du métal, il disposera d'un moyen de persuasion pour obtenir soit une mise en vente de l'usine de Saint Jean, soit des garanties suffisantes sur l'avenir du site après 2012 (2015).

La transparence, ce serait peut-être de dire que les élus locaux n'y peuvent pas grand chose (voir le chapitre 21) à part essayer de se faire mousser... 

vendredi, 02 mai 2008

Alcan-Rio Tinto III

A ce jour M. le député Michel Bouvard n'a donné aucune réponse à ma lettre ouverte concernant la situation de l'usine Alcan-Rio Tinto.

M. le sénateur Jean-Pierre Vial a de nouveau adressé une question mardi à Mme la ministre Christine Lagarde lors de questions au gouvernement.
C'est Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat chargée du commerce extérieur qui lui a répondu ce qui suit:
« Alcan, qui emploie plus de 15 000 personnes en France sur 49 sites, a fait l'objet d'une offre publique d'achat amicale du groupe anglo-australien Rio Tinto. Le 4 octobre dernier, Rio Tinto a pris envers le Gouvernement des engagements précis quant à la pérennité de l'activité de recherche et développement en matière d'électrolyse assurée par les centres de Rhône-Alpes et à la sécurité d'approvisionnement des industries aéronautiques et de défense à partir de sites français.
Christine Lagarde, qui suit ce dossier de près, a eu l'occasion d'évoquer le sort du site de Saint-Jean-de-Maurienne avec Paul Skinner, président de Rio Tinto. Le Gouvernement souhaite qu'une activité industrielle solide et compétitive y soit maintenue. Ce site est une plate-forme de démonstration pour les innovations développées en Rhône-Alpes, et la recherche comme l'innovation constituent des enjeux cruciaux pour le maintien d'une base industrielle forte en France -la réforme du crédit d'impôt recherche en témoigne. L'avenir du site repose également sur les conditions d'accès à l'énergie à moyen et long terme. Le projet Exeltium, en attente de l'accord de la Commission européenne, permettra aux industries électro-intensives de sécuriser leur approvisionnement en électricité.
A la demande de Rio Tinto, la direction du site doit proposer mi-2008 un plan d'action visant à en faire un des plus compétitifs au niveau mondial d'ici 2012. Il s'agit d'un préalable à toute décision. Le ministère de l'économie sera attentif à l'évolution de ce dossier. »

Cette réponse ne mentionne qu'une seule date « le 4 octobre dernier (2007) » qui remonte à 7 mois en arrière. Elle reprend la communication du groupe sur le rôle central de l'usine de Saint Jean dans le pôle Rhône-Alpes pour la recherche. Elle évoque le projet Exeltium sans paraître savoir qu'il y a quelques soucis de ce côté-là.
Quant au plan d'action évoqué s'agit-il de celui qui a été dévoilé au personnel de l'usine voilà une dizaine de jours?


Voici la réponse de M. Jean-Pierre Vial: « Je remercie les membres du Gouvernement et les fonctionnaires qui suivent ce dossier depuis plusieurs mois. Toutefois, je ne crois en rien aux engagements pris par Rio Tinto envers le Gouvernement. Rio Tinto ment en prétendant vouloir moderniser le site car le groupe a abandonné le projet de doublement de sa capacité de production, condition de sa survie. Les industriels et les techniciens savent que ce site ne peut survivre dans ces conditions.
La vente de l'activité transformation et emballage ne doit pas être autorisée car l'avenir du site de Saint-Jean-de-Maurienne, comme celle d'autres centres de production d'aluminium en France, en dépend. Si Rio Tinto ne peut garantir la survie du site, qu'il le mette en vente pour trouver un repreneur. Je remercie Mme le ministre de l'attention qu'elle porte à ce dossier car l'avenir du site dépend de la vigilance du Gouvernement. »

« L'avenir du site dépend de la vigilance du Gouvernement. » donc que faudra-t-il en conclure si les choses tournent mal pour le site? C'est osé, non? pour un sénateur UMP.
De là à penser que la première phrase de sa réponse n'est pas complètement sincère..

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