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vendredi, 05 octobre 2007

Le Mouvement démocrate (MoDem) n'est pas le Nouveau Centre

Pour ceux qui confondraient le Mouvement démocrate (MoDem) avec le Nouveau Centre ou qui voudraient mieux comprendre en quoi le Mouvement démocrate est une force politique nouvelle indépendante: vous pouvez visionner le discours de Bayrou à Seignosse ou en consulter le texte intégral.

Voici ce que dit François Bayrou des anciens députés UDF qui ont fondé le « Nouveau Centre » et qui ont rallié Nicolas Sarkozy:

Bien sûr, la hâte du plus grand nombre de nos députés sortants à se retrouver le plus vite possible du côté du pouvoir, cette hâte n’est pas une nouveauté. C’est une des faiblesses de la France, que tous les partis les uns après les autres hélas expérimentent, et c’est pitié que de voir ainsi la faiblesse de caractère s’habiller des grands mots de l’action pour se retrouver du côté du manche. Cela – je voudrais vous demander de le vérifier ! - ne se produit nulle part ailleurs dans aucun pays démocratique du monde, et c’est hélas la règle chez nous. La peur du risque, la peur de l’échéance électorale, l’attrait infini du pouvoir nouveau, comme si l’on craignait de manquer le train, les tentations naïves de quelque hochet, tout cela se conjugue pour que chancellent et très vite succombent les âmes qui paraissaient les mieux trempées !

Pour une approche plus humoristique de la question, il existe un blog « altercentriste » que j'adore: http://nouveaucentre.hautetfort.com/

Voici ce qu'il dit de Nicolas Sarkozy:

Voyez-vous, je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps. Nous sommes de la même génération. Nous avons exercé à peu près au même âge des responsabilités – Marielle peut en dire quelque chose, elle qui coordonnait les Etats Généraux de l’Opposition au début des années 90 avec Alain Madelin et Nicolas Sarkozy.

J’admire son énergie, et il le sait. Je le lui ai dit. Il est brillant. Il ne baisse jamais les bras. Il sait communiquer. Il est tous les jours à la télévision, il est infatigable (c’est plutôt nous qui sommes fatigués, d’où la fortune de l’idée d’une journée par an sans Sarkozy à la télévision…), il est brillant, je lui ai dit qu’il est « vaillant », il s’occupe de tous les sujets, il a de l’organisation. Je ne suis pas en guerre avec lui, et encore moins en guérilla, parce que j’ai toujours pensé que quelle que soit la place qu’on occupe, au pouvoir, où il est, et même au pouvoir absolu, on va y revenir … ou hors du pouvoir, où nous sommes et où nous avons choisi d’être, quelle que soit la place qu’on occupe, on est co-responsables de l’avenir du pays, et il faut exercer cette responsabilité.

Je n’ai pas de contentieux personnel avec lui, nous n’avons pas de cadavre dans les placards.

Mais j’ai avec lui un conflit de valeurs. J’ai une confrontation sur les valeurs et cela va bien plus loin qu’une divergence sur les « mesures », comme on dit, qu’il faut décider et prendre. Les valeurs, c’est ce qui donne sens à la vie.

J’ai été frappé depuis longtemps et je le suis encore plus depuis qu’il est au pouvoir, que tous ses choix montrent, même si parfois je soupçonne qu’il ne s’en rend pas compte, ou qu’il en minimise la portée, ses choix montrent qu’il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !

Les signes multipliés au monde de l’argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l’univers du Fouquet’s, la « pipolisation » de la société, les vedettes éphémères, la vedettarisation de la politique, la jubilation des hot-dogs avec Bush père, Bush mère, Bush couple, - et que j’ai aimé ce jour-là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !- et qu’aussitôt rentré on se précipite, toutes affaires cessantes, pour envoyer le ministre des Affaires étrangères en Irak, pour y dire tout haut ce que l’administration américaine pense tout bas, et que le ministre de la Défense vienne et explique sans précaution, sans introduction, que, toutes affaires cessantes, il faut cesser de « chipoter » et qu’il faut dare-dare rentrer dans l’OTAN, tout cela - chacun des gestes, pris individuellement, pourrait être maladresse, hâte de novice, geste improvisé – eh bien tout cela fait un système, et ce système, je le crois, ce n’est pas le choix fondamental, historique, des valeurs de la France.

Voici ce qu'il dit du Mouvement démocrate (MoDem):

J’ai un message pour chacun d’entre vous dans cette période où nous entrons : « soyez fiers de ce que vous êtes, soyez fiers de votre passé si vous en avez, et même de vos hésitations si vous en avez connu, ne reniez rien, assumez. Vous avez cru en quelque chose, vous vous êtes trompés peut-être, ou simplement les temps n’étaient pas mûrs. Eh bien, vous n’entrez pas dans cette maison contre ce que vous avez cru, vous y entrez avec ce que vous avez cru. Et c’est comme cela que nous allons parler à la France, parce qu’elle aussi est diverse, et qu’elle a besoin qu’on ait le cœur et l’âme assez large pour l’aimer comme elle est, dans sa diversité, dans son pluralisme, nous qui sommes les défenseurs du pluralisme, de la diversité, de la compréhension et du rassemblent… »

Et nous porterons un seul nom. Et c’est un grand nom. Le Mouvement Démocrate.

Cela nous évitera d’avoir à nous définir par rapport aux autres – et ainsi de leur concéder un avantage décisif !

Il me semble que le temps est venu que nous nous définissions non pas par rapport aux autres, mais par rapport à nous-mêmes, à ce que nous sommes, à ce que nous croyons, à ce que nous voulons.

Je n’ai jamais renié ce qu’il y a de juste dans l’aspiration du centre. Mais dire centre, c’est se définir par rapport à la droite et par rapport à la gauche. Et nous, nous sommes démocrates !

Comme on dit « les conservateurs », comme on dit « les socialistes », on dira « les démocrates ».

Nous sommes démocrates d’abord parce que démo veut dire  « peuple », et parce que nous croyons au peuple davantage qu’à toutes les oligarchies, à toutes les confiscations de pouvoir et de privilèges.

Nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’état de citoyen est un état supérieur d’appartenance à la cité.

Enfin nous sommes démocrates parce que nous croyons que l’irruption de la société de l’information rend nécessaire et permet enfin que se réalise la conviction qu’a exprimée le premier, il y a cent ans, Marc Sangnier, que je n’ai jamais entendu formuler aussi précisément : «  la démocratie est l’organisation sociale qui porte au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens ». Et nous, nous voyons dans cette conscience et dans cette responsabilité le moteur même du progrès de la société et du progrès individuel des hommes.