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jeudi, 04 octobre 2007

De la culture

Je sais que la culture n’est pas le sujet essentiel à traiter en premier lors d’une campagne municipale. Chacun sait qu’une économie en bonne santé permet d’aborder plus sereinement les projets d’avenir de la cité. Malgré tout, pour que les habitants se sentent bien dans leur ville il faut leur offrir les conditions d’une vie culturelle de qualité, accessible à tous et diversifiée. Les élus jouent alors un rôle essentiel et en particulier l’adjoint chargé de la culture. On ne doit jamais oublier que St Jean de Maurienne est une ville qui a un patrimoine et une histoire millénaires. La Société d’Histoire et d’Archéologie de Maurienne joue depuis 150 ans un rôle essentiel dans la connaissance et la préservation de notre Histoire. Dans des domaines plus actuels des associations animées par une majorité de bénévoles se dévouent sans cesse afin de présenter des spectacles de qualité (musique, théâtre, conférences…). Rien n’est jamais parfait. On peut toujours souhaiter plus d’imagination, plus de créations, plus d’ambition. Cela est possible à deux conditions : que les équipements permettent d’accueillir des événements d’importance dépassant le cadre de notre canton et de la Maurienne (l’absence d’une salle de spectacles évolutive est rédhibitoire), que les élus insufflent une ambition telle qu’elle permettra de mettre l’imagination au pouvoir. C’est le rôle d’une municipalité de mettre en place les conditions d’une politique culturelle de qualité (coordination des spectacles, aides techniques, communication, subventions si besoin est….) mais je regrette de dire que ce n’est pas à une municipalité de choisir et de décider le contenu des programmes culturels. La culture repose sur la liberté, la diversité, la participation des membres des associations culturelles, le rôle joué par les intermittents du spectacle….Il faut aussi que ces projets soient dans le cadre de l’intercommunalité un facteur de rassemblement des populations heureuses de participer à des réalisations communes. Le Salon du Livre d’Hermillon est une réussite éclatante d’une volonté communale portée par son maire Yves Durbet, s’appuyant sur un groupe de bénévoles passionnés, d’un projet culturel qui dépasse les frontières de notre vallée et qui va fêter sa 18ème édition. Un autre exemple est celui de Roger Favier, Maire du Chatel, qui chaque été offre des spectacles culturels exigeants mais accessibles à tous. Il est regrettable que notre ville ne propose aucun projet de cette envergure. Personne ne peut oublier que voici 25 ans le Festival de Maurienne déjà porté par Roger Favier nous enchantait, nous captivait, amenait des spectateurs issus de toute la France, nous permettait de découvrir des groupes de très grande qualité. Le Festival de Maurienne n’est pas mort pour des raisons financières. Il est mort pour des raisons politiques. Si celui-ci existait encore il serait de la notoriété des plus grands festivals français.

Il n’est pas question de faire du passé table rase. Il est question de s’appuyer sur les femmes et les hommes dont la passion pour leur ville est évidente, leur expérience et leurs compétences artistiques sont reconnus. Est-il logique, comme dans beaucoup de domaines qu’il soit fait systématiquement appel à des personnes dont nul ne niera la compétence mais qui ne considéreront notre ville que comme une étape dans leur carrière ? Il faudra se poser ces questions. Il faudra aussi voir comment utiliser et faire évoluer des projets qui ne peuvent être remis en cause à ce jour (la Médiathèque en est le plus bel exemple).

J’ouvre le débat avant d’en aborder d’autres tout aussi importants pour notre ville. Je ne suis pas le seul à le souhaiter. La culture doit rester un espace de liberté.

Daniel Meindre