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vendredi, 20 juillet 2007

Chapitre 21: Alcan, ce qu'on peut dire et ce qu'on ne peut pas

Aujourd'hui, je n'ai plus la sensation d'être en retard: le grand rassemblement des démocrates que j'attendais n'est pas encore né officiellement. Ce que j'éprouve, c'est de l'impatience devant ce qui nous attend. Car ce n'est pas un nouveau « parti » avec sa hiérarchie, ses courants, son fonctionnement interne et son carriérisme qui éloigne les élus du peuple, ce qui est proposé aux Français, c'est un projet d'avenir commun où la république1 reprend tout son sens, où l'on ne cache pas la vérité et où l'on fait participer les citoyens aux grandes décisions.

Je prends un exemple très local. L'usine d'aluminium de Saint Jean de Maurienne qui appartient au groupe Alcan2, qui emploie à elle seule plus de 650 personnes et génère plusieurs milliers d'emplois indirects sur la vallée, est menacée, en particulier par une hausse des tarifs d'EDF dès 20123. Pourtant, aucun élu local n'ose dire la vérité, non pas que l'usine va fermer (qui le sait?? bien sûr, il faut dialoguer, tisser des liens avec l'entreprise) mais que le cas échéant aucun élu local ne pourrait l'empêcher ni aujourd'hui, ni dans un an, ni plus tard.

Ce serait une véritable catastrophe pour la Maurienne en terme d'emplois et la ville de Saint Jean-de-Maurienne perdrait de surcroît la taxe professionnelle non négligeable que lui apporte la présence de l'usine sur la commune. Or la municipalité actuelle a choisi la dernière année de son mandat d'augmenter très nettement le niveau d'endettement de la commune pour le nouveau centre technique, la nouvelle médiathèque et d'autres projets de construction (salle d'orchestres...)4 et de réduire très sérieusement la marge de manoeuvre de la prochaine municipalité. Est-il bien raisonnable de gérer ainsi son budget quand on sait que la manne qui vient de l'usine peut manquer rapidement et que dans ce cas il faudra proposer des solutions de reconversion pour éviter le désastre économique?

La fable « La Cigale et la Fourmi » de La Fontaine a toujours eu pour moi quelque chose de traumatisant. On ne peut louer la Fourmi absolument privée de toute compassion, mais on ne peut faire comme la Cigale, surtout quand il s'agit d'argent public et que sur des questions aussi essentielles l'on n'a pas pris l'avis des administrés. Ne dira-t-on pas un jour aux Mauriennais, Saint Jeannais en particulier ce que la Fourmi dit à la Cigale?

 

1« Chose publique » en latin

2ayant fait l'objet il y a quelques jours d'une OPA amicale du groupe Rio Tinto

3 A noter que M. Michel Bouvard fait partie des députés qui ont voté l'ouverture du capital d'EDF http://www.assembleenationale.fr/12/scrutins/jo0510.asp or on pouvait prévoir que cette ouverture du capital rendrait difficile la négociation de tarifs préférentiels pour une usine comme celle de Saint Jean de Maurienne dont les coûts de production dépendent fortement de cette énergie car l'Etat n'est plus seul à décider du prix de l'électricité.

4 comme on peut le lire en pages 8 et 9 du Magazine municipal de Saint Jean de Maurienne (printemps 2007)