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samedi, 23 juin 2007

Chapitre 8: Des privilèges et de l'intérêt général

Je suis restée deux jours sans connexion internet pour cause de changement de fournisseur et vraiment je déteste. C'est peut-être notre cher ministre M. Bertrand qui m'a porté la poisse avec sa blague sur "le MoDem qui ne s'est pas connecté aux Français..."(sic). J'en étais où déjà? Ah oui, être centriste aujourd'hui...

Etre du centre, ce n'est pas refuser de choisir entre la gauche et la droite, c'est croire qu'on peut penser en dehors de ces deux « catégories » ou de leurs extrêmes. C'est vrai, le centriste n'aime pas l'excès, il ne veut pas pour autant l'immobilisme. Un pas en avant, un pas en arrière en fonction des affinités. Je n'ai pas de sympathie particulière pour Robien et pour son décret. Je n'ai pas eu la curiosité de le consulter dans son intégralité, je n'en connais que ce qui s'est vu âprement discuté en salle des profs, c'est-à-dire la « suppression de heure de première chaire1 ». Cette suppression était prévue uniquement pour les classes de première et pour les matières qui ne donnent pas lieu à un examen en première2. Or, l'heure de première chaire est attribuée au départ pour compenser la charge supplémentaire qu'implique le fait d'avoir une classe d'examen à préparer3. Il est donc profondément incompréhensible qu'elle soit attribuée de manière indifférenciée pour toutes les matières enseignées en première, y compris celles qui ne sont pas évaluées à la fin de l'année. Il s'agissait d'une mesure limitée, certes, et elle a suscité beaucoup de fantasmes, comme l'idée que Sarkozy, élu président, supprimerait toutes les heures de première chaire. Mais pour une fois qu'on essayait de lutter contre les privilèges, c'est-à-dire des acquis profondément injustes, hérités du passé4 car c'est bien de cela qu'il s'agit, il me semble totalement absurde d'avoir fait un pas en arrière. Je l'avoue, je n'aime pas les privilèges de quelque nature qu'ils soient et je pense qu'il faudrait revoir beaucoup de « régimes spéciaux » en considérant la réalité d'aujourd'hui et mettre un terme aux abus. Je ne vais pas me faire des amis, peut-être! Mais tant pis! On comprendra qu'être centriste, ce n'est pas chercher à se faire aimer de tous, à être consensuel au prix de toute honnêteté et de toute justice. L'agrégation m'a apporté la sécurité de l'emploi, une carrière toute tracée ce qui déjà suffit à faire de moi une privilégiée, j'essaie de ne pas en abuser. En disant cela je ne pense pas remettre en cause des droits du travail chèrement acquis, ni revenir sur le progrès social, je voudrais juste que ce soient des choses mieux partagées et non réservées à certains. Je ne veux pas non plus montrer du doigt ceux qui ne font que profiter d'un système, mais qui ne sont pas à l'origine de ce système. Il est humain de vouloir sa place au soleil. Etre centriste, ce n'est pas vouloir diviser, c'est vouloir rassembler autour de l'idée d'intérêt général qui doit dépasser nos intérêts personnels.

 

1 une heure à partir de six heures en première ou en terminale qui soit constitue une heure supplémentaire, soit permet d'alléger le service

2 En tant que prof de Français (évalué au bac en première dans le cadre des épreuves anticipées) je ne suis donc pas directement concernée, c'est vrai...

3 ce qui s'assortit aussi en général d'une convocation pour faire passer les épreuves du bac

4 C'est un archaïsme de l'ancien bac.