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lundi, 11 juin 2007

Chapitre 5: "Le peuple devant le pouvoir"

Hier, c'était le premier tour des élections législatives. Le MoDem a subi de nombreux échecs au plan national, celui qui me touche le plus est celui de Patrick Mignola dans notre troisième circonscription, je sais qu'il est peu connu en Maurienne, qu'il ne s'était jamais encore présenté aux élections législatives, mais c'est un homme intègre, un fidèle de Bayrou, qui a su prendre ses responsabilités dans un contexte difficile de vague bleue annoncée. Je me rappelle l'avoir entendu dire lors de notre première réunion de campagne à Chambéry (la seule à laquelle j'ai pu me rendre) que « le rôle du député n'était pas de défendre le pouvoir devant le peuple mais le peuple devant le pouvoir ». Il y a peu de chances pour que les députés de la nouvelle assemblée puissent jouer ce rôle. Qui le jouera alors?

Je ne m'inscris pas dans une opposition systématique à Sarkozy, le peuple l'a choisi comme président et j'attends de voir ce qu'il peut faire pour notre pays. Je suis consciente aussi qu'un pouvoir instable, menacé de toutes parts ne pourrait entreprendre les réformes dont notre pays a besoin, une majorité est nécessaire pour cela. Au demeurant, il n'est pas nécessaire d'être tous semblables en tout pour s'entendre sur l'essentiel. Une majorité telle que celle qui se dessine ne permettra pas le consensus, ni même le dialogue entre des idées différentes. C'était assez drôle hier soir d'entendre le député UMP réélu dans notre première circonscription de Savoie se réjouir sur France 3 qu'une bipolarisation soit enfin apparue en France (!) et d'entendre un responsable socialiste dire sur une autre chaîne que cela ferait une centaine de députés UMP réélus au premier tour contre cinq députés PS au mieux. Le MoDem n'a pas percé, mais le PS, lui, est forcé de constater les dégâts. Or, tout pouvoir quand il n'a pas face à lui de contre-pouvoir a tendance à se corrompre, à vivre dans l'autocélébration. Sans compter qu'une seule voix, celle de l'UMP se faisant entendre du haut jusqu'en bas, elle apparaîtra d'autant plus coercitive et injonctive. Allons-nous finir, nous centristes, devant la menace de cinq années de concentration encore plus absolue des pouvoirs, allons-nous finir par regretter l'opposition droite-gauche?

Beaucoup de représentants politiques semblent craindre qu'on ne précipite une partie des Français dans la rue, certains l'espèrent. Je n'en fais pas partie, je n'ai rien d'une révolutionnaire et je crois en nos institutions même si certaines réformes semblent indispensables pour assurer une véritable représentation nationale. En mars prochain, nous élirons les maires de nos communes, ce sera l'occasion de montrer de quelle démocratie nous voulons.