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mercredi, 06 juin 2007

Chapitre 1 (suite): S'engager

Voilà, c'est fait, je n'ai pas écrit hier. C'est tôt, me direz-vous, pour un journal qui vient de commencer. C'est vrai, je ne me cherche pas d'excuses. Ma journée avait commencé relativement tôt. On aurait dit qu'il allait faire beau comme ce matin où j'entends pépier au-dessus de ma tête, mais il y a des jours où tout vous tombe dessus: la facture imprévue, la machine à laver qui n'essore pas, ma fille qui n'a pas encore appris à faire du vélo sans roulettes... J'étais bien contente d'aller me coucher assez tard le soir après l'audition de piano de la grande. Non, je n'ai pas écrit, j'ai distribué des tracts et c'est terminé pour cette semaine. Il faudra attendre les résultats du premier tour. L'affichage continue sur les panneaux d'expression libre, mon mari est parti coller ce matin des affiches avec les fameuses lunettes...

Je m'interromps, mes fils se réveillent, je reprendrai plus tard.
C'est en janvier dernier que j'ai décidé de m'engager pour soutenir la campagne de François Bayrou. C'était devenu une évidence, l'on ne peut pas se plaindre de la manière dont le pays est gouverné, de ceux qui nous gouvernent et ne jamais rien faire pour que cela change, parce qu'en réalité cela nous arrange que les autres agissent à notre place. J'appartiens à une génération de trentenaires qui a appris très tôt le "chacun pour soi". C'est peut-être que l'avenir ne s'annonçait pas très rose: ce sera déjà assez difficile de ne pas être malade du sida, de trouver un emploi... C'est pire pour la génération qui a un vingt ans aujourd'hui, on ne lui épargne rien: la dette, le dérèglement climatique, les emplois précaires, les loyers inaccessibles. C'est sans doute aussi de voir agir la génération de nos parents et son apparent égoïsme face à tout cela. Mais un jour: plus personne pour être représentant des parents d'élèves (il faudra que je vous raconte comment j'ai été tirée au sort), bientôt plus de délégués de classe. Pendant des années, des mois, des semaines, j'ai repoussé l'échéance, en me disant que l'occasion se présenterait plus tard. J'ai  eu un enfant, puis un autre, encore un autre...enfin, enceinte du cinquième, je me suis décidée. C'est difficile de s'engager, je le comprends, c'est se mettre sur le dos une terrible responsabilité, c'est accepter l'idée que l'on peut changer quelque chose.